BFM Business

Le Portugal dans le viseur de S&P

Le Portugal inquiète S&P, qui craint que le pays ne parviennent pas à assumer ses contreparties à l'aide internationale dont il bénéficie.

Le Portugal inquiète S&P, qui craint que le pays ne parviennent pas à assumer ses contreparties à l'aide internationale dont il bénéficie. - -

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé mercredi 18 septembre placer sous surveillance négative la note à long terme du Portugal. L'agence doute de sa capacité à rectifier sa trajectoire budgétaire.

La récente sortie de récession du pays ne convainc pas les analystes de S&P. L'agence de notation américaine a placé sous surveillance négative, mercredi 18 avril, la note souveraine à long terme du Portugal. Actuellement en catégorie spéculative, la dette portugaise pourrait être encore rétrogradée "dans les prochains mois", indique Standard & Poor's.

Pour justifier cette décision, l'agence pointe "l'incertitude quant à la trajectoire de la dette publique" et "la probabilité que Lisbonne ait besoin d'un deuxième plan de soutien".

Le Portugal a bénéficié en 2011 d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Plan en contrepartie duquel il s'est engagé à mettre en œuvre de strictes mesures d'austérité.

Crise politique et austérité

Il a ainsi mis sur les rails une réforme de l'Etat destinée à réduire les dépenses publiques de 4,7 milliards d'euros jusqu'à fin 2014, qui prévoyait notamment la suppression de quelque 30.000 postes de fonctionnaires sur un total d'environ 700.000. Mais la mesure a été rejetée par la Cour constitutionnelle portugaise.

"Nous présenterons rapidement une alternative à cette mesure", a déclaré, début septembre Passos Coelho, le chef du gouvernement portugais. Mais "cette solution aura un prix plus élevé" pour les Portugais, a-t-il ajouté.

Les inquiétudes sur le Portugal s'étaient déjà réveillées au début de l'été après une crise politique aigue. Les démissions successives des ministres des Finances et des Affaires étrangères faisaient craindre que Lisbonne cesse d'appliquer les programmes d'assainissement réclamés par ses créanciers internationaux.

Nina Godart