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Le PDG d’Orange d'accord avec la CFDT pour augmenter l'impôt sur les successions

Stéphane Richard arrive en tête du classement des dirigeants du CAC établi par le cabinet Apco

Stéphane Richard arrive en tête du classement des dirigeants du CAC établi par le cabinet Apco - AFP

Opposé au rétablissement de l’ISF, Stéphane Richard appelle en revanche de ses vœux une fiscalité plus conséquente et progressive sur les héritages. À l'instar de ce que souhaite le premier syndicat de France.

Les patrons français ne sont pas forcément opposés à tout alourdissement de la fiscalité. Le PDG d’Orange, par exemple, trouverait légitime de taxer davantage les successions plutôt que de se focaliser sur l'imposition du capital. Interrogé sur la pertinence de rétablir l'impôt sur la fortune, Stéphane Richard s'est montré peu enthousiaste. "Quand on commence à considérer un impôt comme un outil politique, en général, ça ne donne pas de très bons résultats", a-t-il déclaré.

La plus grande inégalité: celle de la naissance

Plutôt que le symbole, "il faut regarder l’intérêt économique" de cet impôt, qui est quasi-nul à ses yeux. D’autant qu’on "n’a pas supprimé l’ISF, on l’a remplacé" par l’impôt sur la fortune immobilière, qui rapporte la moitié des 4 milliards de recettes de l’ISF, rappelle l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde.

Fustigeant les "coups de bambous fiscaux qui visent toujours les mêmes catégories de Français", Stéphane Richard approuve en revanche pleinement l'idée de taxer davantage les héritages, avancée par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

"J’y suis plutôt favorable, je l’ai toujours dit, je trouve que la plus grande inégalité qui peut exister dans la société aujourd’hui c’est celle de la naissance", a estimé le PDG d’Orange.

Une vertu d'équité

Selon lui, "le fait de taxer de façon plus forte, et peut-être plus progressive aussi, les successions" aurait deux vertus majeures : "une vertu d’équité, de remettre un peu tout le monde à égalité, et de ne pas accepter cette inégalité qui fait que parce que vous êtes "fils de", vous bénéficiez d’une situation privilégiée alors qu’au fond ce ne sont pas vos mérites qui le justifient". Et une "une vertu sur le plan économique, parce que cela permet de redistribuer les cartes".

Selon lui, taxer davantage les successions n’est pas une idée de droite ou de gauche. "Il y a beaucoup d’économistes américains qui sont en faveur de ça, et d’ailleurs les Etats-Unis ont une taxation sur la succession bien plus lourde" que la France, souligne Stéphane Richard.

Mieux vaut, selon lui, "un système dans lequel on taxe moins la détention de patrimoine de ceux qui ont travaillé toute leur vie pour obtenir ce patrimoine", et plus les successions.

Nina Godart