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Le message de la France à Davos

Forum de Davos

Forum de Davos - FABRICE COFFRINI/ AFP

Ouverture du Forum Economique Mondial de Davos ce mardi. Le refus des inégalités et meilleur partage des richesses sont au cœur du message que va adresser la France aux élites politiques et économiques.

Emmanuel Macron ne se rendra pas à Davos cette année. En pleine crise des gilets jaunes, et alors qu’il enchaîne les tournées régionales pour tenter d’impulser son Grand Débat national, de renouer le dialogue avec les maires, c’est Bruno le Maire qui ira dans la station des Grisons. « L’Europe bascule, le capitalisme bascule, les nouvelles technologies basculent. Seule la politique peut orienter cette bascule dans le bon sens, afin que ces mouvements aboutissent à plus de prospérité, et non à un effondrement général », affirme le ministre de l’Economie qui inaugure ce matin pour la deuxième année d’affilée les « Rendez-vous de Bercy ».

Un tour de chauffe avant Davos 

Ces ateliers se tiennent au ministère de l'Economie, ils sont intitulés cette année « comment redéfinir le capitalisme du XXIème siècle ».

Melinda Gates (fondation Bill & Melinda Gates), l’économiste Muhammad Yunus, Antoine Frérot (Veolia) ou Clara Gaymard, débattront du rôle de l’entreprise. Comment redonner confiance dans l’entreprise ? Comment peuvent-elles participer à la réduction des inégalités ? Quelles voies explorer pour un meilleur partage de la richesse créée ? Des questions que Bruno Le Maire posera à nouveau à Davos où il sera présent de mercredi à vendredi. Là-bas, il y défendra donc la vision d’une Europe plus souveraine, et d’une fiscalité plus juste.

L’occasion pour lui d’expliquer la « taxe Gafa » sur les acteurs du numérique dont il a dévoilé les contours dimanche dernier. Faute d’accord unanime en Europe, la France a en effet décidé unilatéralement d’appliquer cette taxe à partir de 2019, en espérant qu’un projet européen, voire mondial (via les travaux de l’OCDE) puisse prendre le relais.

Vers la création d’un impôt minimal mondial ?

Pour réduire les inégalités, et répondre aux attentes exprimées par les populations, Bruno Le Maire compte beaucoup sur le levier fiscal qui sera selon lui « la priorité absolue de la présidence française du G7 ». Au cœur des réflexions : la lutte contre l’évasion fiscale. La France milite pour créer un « impôt minimal ». Il viserait les entreprises dont les bénéfices réalisés en France sont transférés vers un siège social basé dans un pays où la fiscalité est plus douce, échappant ainsi à l’impôt.

« Ce contournement fiscal est inacceptable », s’insurge le ministre de l’Economie. Dans sa réforme fiscale votée fin 2017, Donald Trump a déjà mis en place des mesures pour forcer les multinationales à payer un impôt minimal au fisc américain. Sur la base d’une proposition franco-allemande, l’OCDE travaille en ce moment sur la mise en place au niveau mondial d’un impôt minimal. Mais la France veut profiter de sa présidence du G7 pour faire accélérer le dossier, et trouver un accord fin août à Biarritz où les chefs d’Etat se retrouveront.

« Ça craque de toutes parts ! »

A Bercy, les critiques fusent sur la lenteur des décisions européennes sur le champs fiscal. Et une fois de plus, Bruno Le Maire défend un nouveau mode de scrutin à la majorité qualifiée, et non plus à l’unanimité pour faire avancer dossiers. « Ça craque de toutes parts. Si on ne veut pas voir des technologies étrangères déferler sur le continent, des réactions violentes de salariés, ou la zone euro vaciller face à une crise financière, il faut que l’Europe avance plus vite ! », plaide le ministre de l’Economie pour qui la construction européenne ressemble plus au petit train à crémaillère, qu'au TGV...