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Le gouvernement va renégocier les projets d’éoliennes en mer

Après plusieurs mois de polémique, Matignon a tranché jeudi pour une révision des appels d’offres attribués en 2012. Il va négocier avec les industriels pour baisser les prix d’ici l’été.

Le bras de fer continue. Jeudi, le gouvernement a décidé de renégocier les appels d’offres d’éoliennes en mer que l’Etat avait délivrés en 2012. Lors d’une réunion à Matignon, le Premier ministre a décidé de relancer les discussions avec les lauréats des six projets, EDF, Engie et l’Espagnol Iberdrola, pour les forcer à baisser les tarifs auxquels l’Etat leur rachètera l’électricité pendant vingt ans.

Les négociations commenceront dès la semaine prochaine avec l’objectif de les finaliser dans le courant de l’été. "Nous avons une réelle volonté de faire ces projets à des prix raisonnables, explique-t-on à Matignon. Nous allons renégocier avec les industriels pour faire baisser leurs prix".

A l’époque, l’Etat avait accepté de racheter l’électricité des éoliennes en mer à des prix compris entre 170 et 200 euros le megawattheure. Un coût d’environ 30 milliards d’euros sur vingt ans ! Sauf que depuis, les projets n’ont toujours pas émergé, retardés par des recours juridiques. Si bien que la technologie progressant, les prix actuels ont largement baissé. L’an passé, des projets ont été attribués, en Europe, autour de 100 euros.

Partage des gains

Pour faire baisser la facture des subventions publiques, l’Etat souhaite qu’EDF, Engie et Iberdrola fassent un effort et rognent sur leurs -généreuses- marges. Fin 2017, le gouvernement avait déjà engagé des négociations avec les industriels. Ils s’étaient accordés sur un partage des gains au-dessus d’une rentabilité de 8%, afin que l’Etat récupère une partie des bénéfices. Bruxelles avait même validé cet accord de principe.

Mais début janvier, l’Elysée a planché sur le dossier et jugé que l’effort consenti par les trois électriciens n’était pas suffisant. Menaçant d’annuler purement et simplement les six projets, le gouvernement a mis la pression maximale sur les industriels qui devront désormais faire encore un effort supplémentaire. "Le gouvernement veut diviser les prix par deux pour atteindre environ 100 euros", explique un bon connaisseur du dossier. "La rentabilité de ces projets est de 5 à 6%, pas plus" maximum abonde un autre. La mesure d’un plafonnement de la rentabilité pourrait ainsi être privilégié.

Finalement, le gouvernement a choisi la voie la plus raisonnable en misant sur une renégociation des prix. Les enjeux en terme d’emplois, environ 3000 directs et indirects, et l’avenir d’une filière qui peine à naître, étaient trop importants. EDF doit lancer d’ici l’été la construction de son premier parc éolien au large de Saint-Nazaire.

Matthieu Pechberty