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Le geste fiscal de Hollande aux ménages

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Le président de la République a parlé hier de "geste" fiscal à destination des ménages. Il n’a pas précisé l’ampleur mais a indiqué que ce serait dès le budget 2015.

Hollande est en train de tourner le dos à la logique de l’austérité des derniers mois et commence à promettre alors même que le déficit budgétaire est toujours là et que les finances publiques sont en termes de dette, selon l’expression de la cour des comptes dans une "zone dangereuse".

Geste fiscal pour les ménages après celui pour les entreprises : tout le monde va bénéficier des effets de l'effort sur les dépenses publiques

Notre président a découvert un "trésor caché" : les économies qu’il va faire sur les dépenses publiques. Je dis "qu’il va faire" car rien n’est encore vraiment en place. Pourtant, les 50 milliards d’économie sont déjà promis à plusieurs : Bruxelles à qui on promet une baisse du déficit ; les entreprises à qui on promet 30 Mds € ; les ménages à qui on promet un geste…

Quel pourrait être ce geste ?

L’effort le plus visible des ménages est l’impôt qu’ils paient directement, c’est-à-dire l’impôt sur le revenu. Il faut dire que là l’évolution du prélèvement opéré à ce titre est spectaculaire. En 2009, cet impôt représentait 44 Mds € ; en 2014, le budget prévoit une recette de 72 Mds €, soit plus de 50% d’augmentation. Le geste vers les classes moyennes devrait passer par la révision du barème ou par un retour en arrière sur le quotient familial.

Sinon, il y a toujours d’autres pistes dont les dirigeants font souvent un symbole. Régulièrement on parle de supprimer la redevance télévision (133€) car tout le monde pratiquement la paie et tout le monde peut le constater.

On peut néanmoins considérer que le chantier de la réforme fiscale annoncé par le premier ministre devrait être le lieu naturel de réflexion sur le sujet.

A la fin qui va payer ?

Comme toujours, les générations futures puisque le déficit est toujours là et donc la dette va continuer à augmenter. Derrière les propos de Hollande, il y a la conviction à la fois que la situation en Europe est apaisée et que Bruxelles ne fera pas les « gros yeux » ; et surtout que la croissance est de retour. On parle pour 2015, l’année du geste de 1,5 à 2% de croissance. C’est mieux que ce que nous avons connu ces dernières années, mais de là à dépenser sans compter … !