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Le fonds de secours de la zone euro: l'arme ultime de l'Europe face au coronavirus?

Créé en 2012 pour soutenir des Etats comme la Grèce lors de la crise de la dette de la zone euro, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) sera au coeur des échanges des ministres des Finances de l'UE ce mardi soir. Ces derniers se réunissent pour tenter de lutter contre l'aggravation de la situation économique liée au coronavirus.

Depuis sa création, le fonds de secours de la zone euro – plus connu sous le nom de Mécanisme Européen de Stabilité (MES) – a une ambition: celle de soutenir les pays de la zone euro qui se retrouvent en difficultés financières.

En 2012, la Grèce - qui rencontrait à l'époque des problèmes de financement sur les marchés - obtient alors l'aide du MES dont la mission consiste principalement à adresser aux Etats des crédits à un taux d'intérêt inférieur à ceux pratiqués sur le marché pour leur permettre d'assainir leurs finances publiques et de redevenir compétitifs.

A l'heure où les répercussions du coronavirus sur l'économie mondiale pourraient être à l'origine d'une récession encore plus "grave", selon le FMI, que celle qui a suivi la crise de 2008, les regards sont de nouveau largement tournés en direction du MES.

Reste à savoir comment le mécanisme en question fonctionne précisément et où trouve-t-il l'argent pour octroyer ses fameux prêts?

Un capital alimenté par 19 Etats

Sur le papier, le MES emprunte sur les marchés financiers en émettant des obligations. Il dispose d'un capital de base alimenté par les 19 Etats membres de la zone euro en fonction de leur richesse: l'Allemagne y contribue à hauteur de 27%, la France à 20,5%, l'Italie à 17,9%, etc.

Ce capital s'élève à 80 milliards d'euros, une sorte de caution pour les investisseurs et dans lequel le MES ne pioche pas.

410 milliards d'euros de capacité de prêts

Fort de sa bonne notation, notamment parce que des pays comme l'Allemagne et les Pays-Bas, jugés vertueux en matière budgétaire, y participent, le MES dispose d'une capacité de prêts de 410 milliards d'euros (soit 3,4 % du PIB de la zone euro).

Dans la situation actuelle, il pourrait octroyer une ligne de crédit, dite de précaution, à un pays, un groupe de pays, voire même à l'ensemble des pays de la zone euro qui en feraient la demande.

Concrètement, une somme importante qui pourrait être mise à la disposition d'un ou plusieurs pays, comme une sorte d'assurance. Elle ne serait en principe pas utilisée mais serait un signal aux marchés pour les rassurer: en cas de problème, le pays pourrait alors théoriquement y avoir recours.

Pour l'Italie toutefois, il y a la crainte que, s'il s'agit du seul pays bénéficiaire de cette ligne de crédit de précaution, cela n'envoie au contraire un signal négatif aux marchés.

Julie Cohen-Heurton avec AFP