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Le début des soldes est maintenu au 9 janvier

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Nicolas Tucat-AFP

Après les perturbations liées aux "gilets jaunes", plusieurs organisations de commerçants souhaitaient avancer les soldes d'une semaine. Le gouvernement a finalement refusé.

Le début des soldes d'hiver est maintenu au 9 janvier, « date à laquelle les commerces se sont préparés depuis plusieurs semaines ». La secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, justifie la décision du gouvernement par le fait qu'une « majorité de fédérations de commerçants consultées » était contre l'avancement de la date prévue. 
Les commerçants étaient effectivement divisés. Le président de la Confédération des commerçants indépendants de France, Francis Palombi, avait suggéré cette semaine d'avancer la date du début des soldes au 2 janvier, au lieu du 9 comme prévu initialement, « compte tenu des circonstances exceptionnelles et de la grosse perte chez les indépendants, cela permettrait aux gens de revenir vers les magasins et moins sur internet, et ainsi recréer de la trésorerie pour passer l'orage ».

Mais une autre organisation, la Fédération Nationale de l'Habillement, s'opposait « catégoriquement » à cette demande d'avancer la date de début des soldes. Selon la FNH, « une telle décision aurait nuit au rétablissement du chiffre d'affaires dont les commerçants indépendants ont grandement besoin après les troubles sociaux des dernières semaines qui les ont tragiquement éprouvés ».

Jusqu'à 50 % de chiffre d'affaires en moins

Les multiples week-ends d'action des « gilets jaunes » ont en effet fortement affecté les ventes pendant la période de fêtes, qui représente pour certains commerçants jusqu'à 50% du chiffre d'affaires annuel. Selon le Conseil national des centres commerciaux (CNCC), les cinq week-ends consécutifs de mauvaises ventes - du 17 novembre au 16 décembre - ont ainsi coûté 2 milliards d'euros au secteur du commerce. La secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, avait elle-même estimé la semaine dernière que les manifestations des « gilets jaunes » avaient entraîné un recul moyen de 25% du chiffre d'affaires dans le commerce.

On a bien assisté à une « mini-grève » de consommation, la FEVAD (Fédération de la vente à distance) démentant les anticipations d’un report massif sur le e-commerce, « nous ne constatons aucun effet particulier sur nos chiffres qui enregistrent la même croissance que les années précédentes, sans accélération particulière » avait dit François Momboisse, le président de la FEVAD sur BFM Business.

Opposition de la grande distribution 

La grande distribution, elle, était opposée à l'idée d'avancer les soldes, en tous cas cette année : « c'est une proposition impossible à mettre en oeuvre, pour des raisons pratiques. Il faudrait en effet, d'ici le 2 janvier, modifier toute la logistique et les transports prévus, refaire toutes les affiches, changer l'organisation interne", assure Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Le même Jacques Creyssel se dit toutefois ouvert à une réflexion pour l'an prochain. Le dossier est donc loin d'être refermé.
Le paradoxe c’est que les soldes semblaient en voie d’extinction. Après des soldes d'hiver 2018 décevants, le gouvernement avait décidé de réduire leur durée de six à quatre semaines, pour essayer de redynamiser cette période d'achats concurrencée notamment par l'essor du e-commerce, les ventes privées des grandes enseignes ou les journées de promotions comme le "Black Friday" fin novembre. Ils apparaissent maintenant à nouveau.

La rédaction