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Le combat autour du budget européen est "absurde", selon Alain Lamassoure

Les débats s'annoncent houleux autour du budget 2014-2020 de l'Union Européenne, entre la Commission qui souhaite son augmentation et certains pays qui veulent des coupes budgétaires..

Les débats s'annoncent houleux autour du budget 2014-2020 de l'Union Européenne, entre la Commission qui souhaite son augmentation et certains pays qui veulent des coupes budgétaires.. - -

Les dirigeants des 27 pays européens examinent actuellement le budget européen 2014-2020. Une consultation sous tension, entre partisans de la rigueur budgétaire et institutions européennes. Sur BFM Business, le président de la Commission des Budgets du Parlement européen, déplore ce "combat absurde".

Les dirigeants des 27 pays européens se réunissent ce jeudi 22 novembre à Bruxelles pour examiner le budget européen pluriannuel. L’ouverture officielle du sommet est prévue ce soir, mais le ton est déjà monté à Bruxelles. Certains dirigeants des pays nordiques refusent toute augmentation du budget et souhaitent au contraire une réduction des dépenses.

Un "tout petit budget" mais nécessaire

Le montant total du budget prévu par la Commission atteint 1047 milliards d’euros. Si le chiffre paraît impressionnant, Alain Lamassoure, interrogé par BFM Business, relativise: "C’est très peu […] l’enjeu est d’un, deux, maximum trois pour mille du PIB".

Le président de la Commission des Budgets du Parlement européen explique que "ce n’est pas le tout petit budget européen qui déséquilibre les budgets nationaux des pays mal gérés" et déplore le rejet d’une augmentation de 5% du budget sur ces sept ans, comme le souhaite la Commission européenne.

"Avec un petit pourcent du PIB bien utilisé, nous pouvons faire des choses utiles à tous, mais si nous ne sommes pas capables de maintenir ce niveau, alors nous n’aurons pas les moyens de mener à bien les objectifs communs européens", rappelle-t-il au micro de BFM Business.

La politique agricole et les transports, des dépenses controversées

Alain Lamassoure défend notamment les dépenses allouées à la recherche et "les investissements permettant d’aménager le grand espace unique européen avec des infrastructures à l’échelle continentale". Par exemple, le développement d’un réseau de TGV européens, de la fibre optique, et la coopération énergétique.

Une position à l’opposé de celle de David Cameron. Lors d’un entretien, le Premier ministre britannique a demandé à Herman Van Rompuy des réductions dans le budget alloué aux transports, à l’énergie et à l’internet, ainsi que le nombre de fonctionnaires européens. La Politique Agricole Commune (PAC) devrait également donné lieu à des débats animés.

En cas d’échec, la chancelière allemande, Angela Merkel, a laissé entendre qu’un nouveau sommet pourrait avoir lieu début 2013. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, devrait soumettre une proposition de coupe budgétaire de 75 milliards d’euros ce jeudi, pour tenter d’apaiser les tensions. Trop peu pour David Cameron, qui réclame 200 milliards d’euros d’économie.

BFMbusiness.com & AFP