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Le chômage, ce fardeau que Hollande a trop longtemps porté

François Hollande a décidé de ne pas se représenter en 2017.

François Hollande a décidé de ne pas se représenter en 2017. - Guillaume Souvant - AFP

En promettant d'inverser la courbe du chômage dès 2013, puis en liant sa candidature à une baisse durable, le chef de l'État s'est retrouvé dans une situation délicate, aboutissant à sa décision de ne pas se présenter en 2017.

Si les promesses n’engagent parfois que ceux qui les croient, celle de François Hollande, qui avait promis d’inverser la courbe du chômage dès 2013, lui aura collé à la peau. Et l’a donc conduit, jeudi 1er décembre, à esquisser un mea culpa lors d’une allocution entérinant sa décision de ne pas briguer un second mandat.

"L'engagement majeur que j'ai pris devant vous était de faire baisser le chômage. J’y ai consacré toute mon énergie. J’ai pris tous les risques (...) Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j'en conviens, mais ils sont là", a-t-il tout de même nuancé.

Mais alors que la baisse du nombre de demandeurs d’emplois pourrait être enfin durable, force est de constater que le chef de l’État avait depuis longtemps déçu sur ce point. La faute, notamment à une communication mal maîtrisée.

"Nous devons inverser la courbe du chômage d’ici un an"

Fraîchement élu président de la République, c’est avec le plein de confiance que François Hollande fait une promesse, le 9 septembre 2012: "Nous devons inverser la courbe du chômage d’ici un an". Un engagement que ses fidèles, tels que Michel Sapin, s’emploieront à défendre durant toute l’année 2013, malgré les projections défavorables de l’ensemble des instituts statistiques.

En janvier 2014, devant la communauté française d’Istanbul, le chef de l’État se voit forcé de revoir ses plans, après une nouvelle hausse du chômage lors du mois précédent. "Le chômage a augmenté de 2008 à 2012 d’un million. Et il a continué à augmenter en 2013. (…) La fin de l’année traduit une stabilisation, mais nous n’avons pas réussi dans l’année 2013 à faire diminuer le chômage", reconnaît-il alors.

"Si le chômage ne recule pas d'ici à 2017..."

Trois mois plus tard, toujours pas d’inversion de la courbe à l’horizon. Mais François Hollande estime que ce n’est qu’une question de temps, et joue son va-tout : "Si le chômage ne recule pas d'ici à 2017, je n'ai aucune raison d'être candidat à un deuxième mandat", glisse-t-il lors d’un déjeuner en compagnie de salariés de Michelin.

Mais c’est en novembre 2014 qu’il conditionne presque officiellement sa candidature à une baisse durable du chômage. "Si je n'y parvenais pas à la fin de mon mandat, vous pensez que j'irai devant les Français en leur disant : 'ben voilà, je n'y suis pas arrivé pendant cinq ans, mais je vous promets les cinq prochaines années, je vais y parvenir. Ça ne marche pas comme ça. Les Français seraient implacables et ils auraient raison", affirme-t-il en effet au micro de TF1.

Une baisse suffisante "pour que ce soit crédible"

Pourtant, rien n’y fait, et le nombre de demandeurs d’emplois, malgré quelques soubresauts ponctuels, ne cesse d’augmenter. Le tout malgré le virage social-libéral décidé en début d’année, incluant notamment une forte baisse des charges des entreprises.

En juillet 2015, François Hollande précise sa pensée…et les conditions requises pour pouvoir briguer un nouveau mandat en 2017, comme le rapporte Le Monde. "Il faut qu’il y ait une baisse du chômage tout au long de l’année 2016", avec pour enjeu de "faire diminuer le chômage suffisamment longtemps pour que ce soit suffisamment crédible", affirme-t-il ainsi devant des journalistes.

Malgré une amélioration notable en cette fin d’année, ces conditions n’auront donc pas été réunies. Et le chef de l’État semble en avoir tiré les conséquences.