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Le centre-droit hongrois remporte la majorité des deux tiers

Viktor Orban, chef de file du parti de centre-droit Fidesz qui a remporté dimanche le second tour des législatives en Hongrie. Sa formation a obtenu la majorité des deux tiers dans le parlement hongrois, décisive pour modifier la Constitution. /Photo pris

Viktor Orban, chef de file du parti de centre-droit Fidesz qui a remporté dimanche le second tour des législatives en Hongrie. Sa formation a obtenu la majorité des deux tiers dans le parlement hongrois, décisive pour modifier la Constitution. /Photo pris - -

par Gergely Szakacs et Sandor Peto BUDAPEST - Le parti de centre-droit Fidesz a remporté la majorité des deux tiers, décisive pour modifier la...

par Gergely Szakacs et Sandor Peto

BUDAPEST (Reuters) - Le parti de centre-droit Fidesz a remporté au second tour des législatives un peu plus de la majorité des deux tiers des sièges au parlement, seuil décisif pour faire adopter certaines lois ou modifier la Constitution.

Au vu de ces résultats quasi définitifs, le Fidesz contrôle 263 des 386 sièges du parlement, soit au-delà des 258 nécessaires pour disposer de la majorité des deux tiers. Il inflige une déroute aux socialistes, au pouvoir depuis huit ans, qui n'auront plus que 59 sièges.

"Le Fidesz et le parti chrétien-démocrate (qui avaient fait liste commune) ont remporté 68% des sièges", a déclaré le chef de file du Fidesz, Viktor Orban, qui va redevenir Premier ministre.

"Une révolution a eu lieu dans les urnes aujourd'hui!", a-t-il lancé sous les acclamations de 4.000 de ses partisans, dans le centre de Budapest.

"Aujourd'hui, le peuple hongrois a chassé le régime des oligarques qui ont abusé de leur pouvoir, et le peuple a porté au pouvoir un nouveau régime, le régime de l'unité nationale", a ajouté celui qui fut déjà Premier ministre de 1998 à 2002.

Le chef de l'Etat, Laszlo Solyom, a assuré que le nouveau gouvernement serait mis sur pied le plus rapidement possible.

"Mon intention est de convoquer le nouveau parlement en séance inaugurale le plus rapidement possible", a-t-il dit. "Il est aussi dans l'intérêt du pays que le nouveau gouvernement soit formé le plus tôt possible."

Le Fidesz a été pour la dernière fois au pouvoir de 1998 à 2002, et son éclatant succès de dimanche, qui transforme l'essai du premier tour, signifie qu'Orban va pouvoir former le premier gouvernement sans coalition et s'appuyant sur une majorité des deux tiers depuis la chute du communisme en 1989.

LE CHÔMAGE AU PLUS HAUT NIVEAU DEPUIS 1994

Au premier tour, le 11 avril, le Fidesz s'était déjà assuré la majorité simple en remportant 206 sièges.

La deuxième force au parlement sera le MSZP (socialistes), avec 59 sièges. C'est un revers cuisant pour ce parti qui était au pouvoir depuis 2002.

Vient ensuite l'extrême droite du Jobbik, qui disposera de 47 sièges. Les libéraux verts contrôlent quant à eux 16 sièges.

"Plus le mandat (du corps électoral) sera large, plus le redressement économique pour sortir de la crise sera facile et rapide", a déclaré un porte-parole du Fidesz, Peter Szijjarto, à la chaîne de télévision M1.

Avec une majorité des deux tiers, le Fidesz pourra, comme il comptait le faire, simplifier le système de gouvernement local ou faciliter l'acquisition de la double nationalité pour les Hongrois de souche vivant dans les pays voisins.

Le Fidesz a promis de créer massivement des emplois, de baisser les impôts, de réduire la bureaucratie et de relancer l'économie, mais, le budget de l'Etat étant surveillé de près par le FMI et l'Union européenne, qui ont volé au secours de la Hongrie en 2008 pour lui éviter un effondrement financier, sa marge de manoeuvre sera limité.

Le PIB hongrois s'est contracté de 6,3% l'an dernier et le taux de chômage atteint 11,4%, un record depuis 1994.

Les investisseurs attendent du Fidesz un plan précis de désendettement de la Hongrie dont la dette publique est la plus élevée d'Europe centrale, avec environ 80% du PIB.

Nicole Dupont et Eric Faye pour le service français