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La zone euro scrute les marchés après l'accord sur la Grèce

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à Bruxelles. Les marchés ont approuvé avec prudence vendredi l'accord trouvé la veille, à l'initiative de la France et de l'Allemagne, par les dirigeants de la zone euro sur un mécanisme d'aide à la Grè

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à Bruxelles. Les marchés ont approuvé avec prudence vendredi l'accord trouvé la veille, à l'initiative de la France et de l'Allemagne, par les dirigeants de la zone euro sur un mécanisme d'aide à la Grè - -

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry BRUXELLES - Les marchés ont approuvé avec prudence vendredi l'accord trouvé la veille par les dirigeants de la...

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les marchés ont approuvé avec prudence vendredi l'accord trouvé la veille par les dirigeants de la zone euro sur un mécanisme d'aide à la Grèce.

A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la monnaie unique se sont mis d'accord sur un dispositif de prêts bilatéraux, auquel participera le Fonds monétaire international (FMI).

L'euro s'est apprécié face au dollar vendredi, après avoir chuté à un plus bas de dix mois jeudi soir.

Les investisseurs avaient considéré que la participation du FMI à ce mécanisme reflétait le manque de capacité de la zone euro à régler seule ses problèmes, alors que dans le même temps Jean-Claude Trichet avait jugé "très mauvais" tout abandon de responsabilité de la part des gouvernements européens.

La pression des marchés sur la dette grecque s'est également relâchée après cet accord, ce dont se sont félicité les autorités grecques, qui doivent refinancer quelque 16 milliards d'euros de dettes entre le 20 avril et le 23 mai.

"Le marché retire progressivement de ses niveaux toute possibilité de risque de défaut", a expliqué à Reuters le chef de l'agence de la dette grecque, Petros Christodoulou.

La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque à dix ans plutôt que des Bunds allemands s'est réduite mais elle reste cependant élevée.

Le "spread" grec, autour de 300 points de base, est par exemple supérieur à celui de l'Irlande, du Portugal ou de l'Espagne et Athènes continue de payer deux fois plus que Berlin pour s'endetter sur les marchés obligataires.

ANGELA MERKEL HEUREUSE

Après les longues négociations de jeudi, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept ont exprimé leur satisfaction du résultat obtenu.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a longtemps été réticente à endosser un tel dispositif, a dit vendredi qu'elle était heureuse du compromis trouvé.

"Je pense que l'Europe a montré sa capacité d'action sur une question importante (...) Il est important que, sur le long terme, la monnaie qui a été un succès en terme de liberté et de coopération reste stable. C'est pour cela qu'hier a été un grand jour pour l'euro", a-t-elle dit.

Le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, s'est lui-aussi dit satisfait de l'accord.

"Je crois que nous avons pris une bonne décision hier soir et que les marchés financiers seront rassurés", a-t-il dit.

Jeudi, tard dans la nuit, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, avait insisté sur le fait que cet accord était de nature préventive et qu'il n'aura pas être mis en oeuvre.

"Je suis confiant dans le fait que le mécanisme décidé aujourd'hui n'aura normalement pas à être activé et que la Grèce va progressivement regagner la confiance des marchés", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de la première journée du sommet.

Quelques heures plus tôt, il avait cependant critiqué dans une interview télévisée un mécanisme mixte impliquant la zone euro et le FMI.

DES QUESTIONS LAISSÉES SANS REPONSE

L'accord trouvé par les Seize sur la Grèce, qui est destiné à s'appliquer à tout autre pays utilisant l'euro qui se trouvera en difficultés, laisse sans réponse une série de questions.

Le texte d'une page et demie ne comprend ainsi aucun chiffre mais, de sources européennes, on indique que l'enveloppe totale serait de 20 à 22 milliards d'euros, dont au moins un tiers à la charge du FMI, selon Nicolas Sarkozy.

Lors d'une conférence de presse à l'issue de la première journée du sommet, le président français a également précisé qu'Athènes ne pourra recevoir cette aide qu'en cas d'échec d'une émission de dette ou si les "spreads" - l'écart de rendement entre la dette grecque et la dette allemande - atteignent un niveau trop élevé mais sans plus de précisions.

La question des conséquences qui seront tirées en matière de gouvernance économique est également largement ouverte.

Une réforme du pacte européen de stabilité et de croissance est évoquée et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a par ailleurs été chargé de créer un groupe de travail avec des représentants des Etats membres et de la BCE, afin de faire des propositions en ce sens avant la fin de l'année.

Avec la contribution de John O'Donnell et des bureaux d'Athènes et de Londres, édité par Benoît Van Overstraeten