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La vague tant redoutée de défaillances d'entreprises n'est pas encore arrivée

Le nombre de défaillances d'entreprises notées par S&P en hausse

Le nombre de défaillances d'entreprises notées par S&P en hausse - PixaBay

Les mesures prises par le gouvernement permettent aux entreprises de résister. Mais le risque s'accroît, estime le cabinet Altares.

La crise engendrée par l'épidémie de coronavirus ne s'est pas encore traduite par une hausse des défaillances d'entreprises depuis le confinement, mais le rythme pourrait s'accélérer à partir de juin, selon un bilan publié mercredi par le cabinet Altares.

Sur les quinze premiers jours d'avril, soit depuis la reprise des audiences dans les tribunaux, "649 ouvertures de redressements et liquidations judiciaires et 30 procédures de sauvegardes ont été enregistrées en France", contre 2.738 opérations similaires sur la même période de l'an dernier, a constaté Altares.

"La déferlante redoutée n'est donc pas encore là", pointe le cabinet dans un communiqué, même si ces données font "émerger un signal fort sur la fragilisation inquiétante des PME".

Plus de PME touchées

En effet, sur la première quinzaine d'avril, plus d'une défaillance sur 10 concerne une PME, contre 5% un an plus tôt. Deux tiers d'entre elles se trouvaient toutefois déjà en cessation de paiements avant le 12 mars, précise Altares.

Les faibles chiffres de défaillances s'expliquent essentiellement par les aménagements prévus des procédures dans le cadre de la crise.

Ainsi, les entreprises en cessation de paiements peuvent reporter leur demande d'ouverture d'une procédure collective jusqu'au 24 juin, soit un mois après la fin prévue à ce stade de l'état d'urgence sanitaire. Passé ce délai, elles seront en revanche tenues d'en faire la demande.

Aménagements

De même, jusqu'au 24 août, "l'état de cessation des paiements de l'entreprise est apprécié au regard de sa situation financière constatée au 12 mars 2020", marquant le début de l'état d'urgence sanitaire. 

"Cela veut dire que, jusqu'au 24 août, une entreprise pourrait ne pas être considérée en état de cessation de paiements si elle ne l'était pas au 12 mars", explique l'étude.

Selon le cabinet, ces deux échéances clés, "pourraient directement influer sur le rythme des défaillances" à venir.

OC avec AFP