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La prime à la naissance divisée par trois à partir du deuxième enfant

La Sécurité sociale pourrait subir une sévère cure d'amaigrissement.

La Sécurité sociale pourrait subir une sévère cure d'amaigrissement. - Stephan Agostini - AFP

Le projet de budget de la Sécurité sociale, présenté lundi 29 septembre, prévoit un rabotage de la prime à la naissance, ou la hausse du taux de CSG  pour 460.000 retraités. Les détails de ce plan d'économies.

Finalement, ce sont 700 millions d'euros que le gouvernement prévoit d'économiser sur la branche famille. Première mesure forte comprise dans le projet de budget de la Sécurité sociale, présenté ce lundi 29 septembre: la prime à la naissance, actuellement de 923 euros, sera divisée par trois à partir du deuxième enfant. Elle sera donc ramenée à 308 euros pour les deuxièmes naissances et les suivantes, pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2015. Cette mesure devrait contribuer aux efforts de rigueur à hauteur de 250 millions d'euros.

Par ailleurs, le PLFSS prévoit la majoration des allocations de 64 euros à partir de 16 ans et plus à partir de 14 ans.

Il y a aujourd'hui trois tranches de revenus. Par exemple, les familles avec un enfant ayant des revenus mensuels supérieurs à 4.000 euros perçoivent toutes le même montant. Une quatrième tranche va être ajoutée pour rendre la prestation plus progressive, les familles les plus aisées percevant un montant "divisé par deux par rapport à la troisième tranche".

Les autres mesures contribuant à cet objectif d'économies sont notamment une nouvelle réforme du congé parental (reparti entre les deux parents) et une diminution des aides à la garde d'enfants (pour les ménages plus riches, selon le dossier de presse des ministères des Finances et des Affaires sociales, confirmant qu'il n'y aura pas de gel des prestations familiales.

Les retraités également impactés

Si les jeunes parents seront directement impactés, les retraités feront également les frais de ce plan d'économies. En 2015, 460.000 retraités assujettis à la contribution sociale généralisée (CSG) passeront ainsi du taux réduit au taux normal.

Cette mesure, présentée comme "plus équitable", est fondée sur un nouveau seuil de revenus. Elle vise les retraités qui bénéficiaient jusqu'alors du taux réduit de 3,8% "uniquement grâce à des réductions fiscales". Ils passeront donc au taux normal de 6,6%. Dans le même temps, 700.000 personnes concernées par la réduction d'impôt de 2014 bénéficieront d'une baisse de leur taux de CSG.

Pas de retour à l'équilibre avant 2019

Le projet de budget fait également état de prévisions pessimistes, puisque un retour à l'équilibre des comptes de la Sécu n'est pas attendu avant 2019.

Le déficit prévu pour 2015, lui, s'élève à 13,4 milliards d'euros, après 15,4 milliards en 2014. Le déficit du régime général (branches maladie, famille, vieillesse et accidents du travail) devrait être ramené à -10,5 milliards et celui du FSV - qui finance le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs - s'établira à -2,9 milliards.

3,2 milliards d'économies recherchées au sein de l'Assurance maladie

Comme prévu, un vaste plan d'économies a été présenté en ce qui concerne l'Assurance maladie. Il devra permettre de limiter à 2,1 % la hausse des dépenses de santé en 2015. Dans le détail, le gouvernement veut réduire le coût de plusieurs médicaments, développer la chirurgie ambulatoire dans les hôpitaux, ou une réforme du versement du capital-décès.

Y.D. avec agences