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La Pologne enterre Lech Kaczynski dans son "Panthéon"

A Cravovie, les Polonais ont enterré ce dimanche leur ancien président Lech Kaczynski et son épouse Maria en l'absence de nombreux dirigeants bloqués par le nuage de cendres qui paralyse le trafic aérien en Europe. Le président russe Dmitri Medvedev a cep

A Cravovie, les Polonais ont enterré ce dimanche leur ancien président Lech Kaczynski et son épouse Maria en l'absence de nombreux dirigeants bloqués par le nuage de cendres qui paralyse le trafic aérien en Europe. Le président russe Dmitri Medvedev a cep - -

par Gabriela Baczynska et Wojcieh Zurawski CRACOVIE, Pologne - Les dirigeants polonais et leurs hôtes étrangers qui avaient pu faire le déplacement...

par Gabriela Baczynska et Wojcieh Zurawski

CRACOVIE, Pologne (Reuters) - Les dirigeants polonais et leurs hôtes étrangers qui avaient pu faire le déplacement ont assisté dimanche à Cracovie aux obsèques nationales du président Lech Kaczynski et de son épouse Maria, tués le 10 avril dans un accident d'avion en Russie.

Seul grand dirigeant de la planète, le président russe Dmitri Medvedev a représenté son pays au plus haut niveau - un geste apprécié des Polonais.

Lors de l'office funèbre célébré à la basilique Ste-Marie, le cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie, a fait l'éloge du voisin russe avec lequel la Pologne entretient de longue date des relations très délicates.

"La tragédie qui s'est produite il y a huit jours, les marques de sympathie et les gestes de soutien faits par les Russes dans cette période difficile nous font espérer une amélioration des relations entre nos deux grandes nations", a déclaré le prélat cracovien. "Ces mots, je les adresse au président Medvedev".

Ce dernier et son homologue polonais, Bronislaw Komorowski, qui assure l'intérim, ont estimé que la mort de Lech Kaczynski devait servir de catalyseur pour réconcilier les deux pays.

"Le testament du président Lech Kaczynski doit être respecté par le biais du rapprochement et de la réconciliation (avec la Russie)", a estimé son successeur lors de son allocution prononcée à Ste-Marie.

De son côté, Dmitri Medvedev a déclaré à la télévision polonaise peu avant son retour à Moscou: "Compte tenu de ce lourd bilan, je crois que nous devons faire de gros efforts pour rapprocher nos nations, développer nos relations économiques et trouver des solutions aux problèmes les plus difficiles".

De nombreux autres dirigeants étrangers ont, en revanche, déclaré forfait en raison de la fermeture de la majeure partie du ciel européen due au nuage de cendres volcaniques venu d'Islande.

C'est notamment le cas du président américain Barack Obama, de la chancelière allemande Angela Merkel, du président français Nicolas Sarkozy et du prince Charles d'Angleterre.

GRINCEMENTS DE DENTS

A l'intérieur de la basilique reposaient les cercueils du couple présidentiel drapés dans les couleurs nationales rouge et blanc.

Le frère jumeau du défunt, Jaroslaw, et la fille du président décédé, Marta, conduisaient le deuil familial. Ce sont eux qui ont insisté pour la cérémonie de dimanche dans l'ancienne capitale royale soit maintenu malgré les difficultés de transport.

Etaient également présents le président polonais par intérim Bronislaw Komorowski, le Premier ministre, Donald Tusk, et les membres de son gouvernement. Les chefs d'Etat de plusieurs pays d'Europe centrale et orientale (Ukraine, République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Roumanie et Géorgie) étaient également là, en plus du président allemand.

Sur le parvis de la basilique, une foule estimée à 50.000 personnes ont suivi la messe sur des écrans géants.

Les cercueils de Lech et Maria Kaczinski ont été par la suite transférés à la cathédrale du Wawel, où les corps ont été descendus dans la crypte normalement réservée aux saints, rois et héros nationaux.

Malgré l'élan unitaire provoqué par le décès du président, ce choix a suscité des grincements de dents de la part des critiques qui voyaient avant tout dans le défunt chef de l'Etat un président réactionnaire tourné vers le passé.

Lech Kaczynski est mort le 10 avril avec son épouse Maria et 94 autres personnes, dont les chefs des armées et le gouverneur de la banque centrale, dans l'accident de leur avion près de Smolensk, dans l'ouest de la Russie.

Samedi, plus de 100.000 Polonais avaient assisté à Varsovie à un hommage solennel aux victimes de la catastrophe aérienne sur l'immense place Pilsudski, dans le centre-ville.

La présence à Cracovie de Dmitri Medvedev est d'autant plus paradoxale que le défunt, héros d'une Pologne conservatrice et nationaliste, était de son vivant l'un des plus virulents pourfendeurs de l'"impérialisme russe" envers d'anciens satellites soviétiques comme la Géorgie et l'Ukraine.

Gregory Schwartz, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet pour le service français