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La Grèce plombe le traité de libre-échange UE-Canada pour de la Feta

Pour obtenir davantage de protection de la feta grecque, Athènes serait prête à opposer son veto au traité de libre-échange UE-Canada.

Pour obtenir davantage de protection de la feta grecque, Athènes serait prête à opposer son veto au traité de libre-échange UE-Canada. - Rebecca Siegel - Flickr - CC

Athènes s'insurge contre un amendement de l'accord de libre-échange conclu entre l'Europe et le Canada en 2013, qui ne protège pas assez, selon elle, la feta, sa célèbre spécialité.

La Grèce se battra bec et ongle pour défendre sa feta! Athènes veut arracher un amendement de l'accord de libre-échange conclu entre l'UE et le Canada en octobre 2013, lui reprochant de ne pas garantir une protection suffisante de la feta, son célèbre fromage, a-t-on appris mercredi auprès des négociateurs grecs et européens.

Le ministre grec de l'Économie, Georges Stathakis, doit saisir jeudi ses homologues du problème lors d'un conseil des ministres chargés du commerce à Bruxelles, ont précisé ces sources. Une source grecque a même agité la menace d'un véto à l'accord qui doit être formellement soumis pour aval en octobre au conseil de l'UE, qui représente les gouvernements, avant d'être ratifié par les parlements.

"Aucune décision de veto n'a été prise à ce stade", a-t-on tempéré au ministère grec de l'Agriculture et de l'Alimentation. "Nous tentons pour l'instant d'obtenir des amendements sur l'accord afin que ce texte ne devienne pas la base des traités à venir avec d'autres pays tiers", en particulier en vue de l'accord de libre-échange actuellement négocié entre l'UE et les Etats-Unis, a-t-on précisé.

La feta parmi les premiers produits d'exportation grecs

Le problème porte sur le niveau de protection accordé à la feta. Si l'Union européenne l'a fait reconnaître comme indication protégée avec 144 autres produits, elle a toutefois dû accepter que les producteurs canadiens, actifs sur le marché canadien avant octobre 2013, puissent continuer à commercialiser du fromage sous ce nom, les restrictions d'appellation étant limitées aux nouveaux acteurs de la filière. "En l'état, c'est une protection zéro", a expliqué la source grecque. La Grèce veut supprimer cette distinction et imposer à tous les fromages concernés d'être étiquetés "comme 'de type feta'", a-t-elle ajouté.

La Commission européenne a jusque-là opposé une fin de non-recevoir, soulignant qu'amender cette disposition signifierait rouvrir des négociations "très difficiles". "La Grèce se réveille tard mais elle a sans doute raison", a commenté un diplomate européen. "La Commission doit nous dire ce qu'elle peut faire, mais il n'est pas question de rouvrir l'accord", a-t-il ajouté.

La feta, fromage fabriqué avec du lait de chèvre et de brebis, figure parmi les dix premiers produits d'exportation grecs. Les exportations grecques au Canada représentent environ 10% du marché local pour une valeur d'environ 3 millions d'euros. 

N.G. avec AFP