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La France a la politique industrielle des années Pompidou !

Retrouvez les coulisses de l'économie avec Jean-Marc Daniel à 7h50.

Retrouvez les coulisses de l'économie avec Jean-Marc Daniel à 7h50. - -

LES COULISSES DE L’ECO - La politique industrielle, c’est le retour des années 60! Les défenseurs de la vieille industrie mettent en avant le fait que les objets industriels s’exportent. C’est ignorer que beaucoup d’autre choses s’exportent.

Il y a un côté un peu rituel dans la communication de nos dirigeants qui consiste à appeler « d’avenir » des projets qui fleurent bon le passé. Il y a les « emplois d’avenir » qui sont les bons vieux travaux d’utilité collective d’hier. Et les 34 projets d’avenir rappellent furieusement le Grand emprunt de Sarkozy et surtout les annonces enthousiastes des périodes de la politique industrielle des années 60. Entendons-nous bien : que l’avenir passe par les nanotechnologies ou l’hôpital numérique, c’est plus que probable. Mais que l’Etat soit le mieux à même de le porter, c’est plus que douteux. Dans les années 60, l’Etat a lancé le plan calcul pour doter la France d’une industrie informatique. C’était l’avenir mais il a fallu tout arrêter en 1975 vu le fiasco et la gabegie. Donc les thèmes abordés sont ceux où se fera probablement la croissance. Mais que l’Etat s’en mêle n’est pas forcément une bonne chose.

Et personne n'a tiré les leçons des échecs précédents ?

Au contraire, on nous vante la politique industrielle des années Pompidou, on multiplie les structures, les plans, les dépenses : il y a un Commissariat général à l’industrialisation, la BPI, les pôles de compétitivité, les reliquats du Grand emprunt et j’en passe… On parle d’investir mais on semble considérer que seul l’Etat est capable d’investir et de prévoir où il faut investir. En fait, l’Etat et ses fonctionnaires ont une vision un peu dépassée de la production et des échanges où l’objectif est de produire dans des usines avec des cheminées qui fument des objets matériels que l’on vendra en les exportant par des ports. Mais maintenant, on vend aussi à la surface de la planète des opérations chirurgicales, de la gestion de comptes bancaires, des informations sur Internet.

Quel doit être le rôle de l'Etat alors ?

De laisser les entreprises investir et innover. Si elles se trompent, elles font faillite et laissent la place à d’autres. Si elles ont raison, elles se développent et multiplient les emplois. L’Etat lui quand il se trompe, il traîne cela jusqu’à l’infini des temps. Au lieu de multiplier les « dépenses d’avenir » il ferait mieux de baisser les impôts sur les profits. L’investissement public le plus profitable pour la collectivité est celui qui n’a pas lieu !

Jean-Marc Daniel