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La Cour des comptes tacle la politique de rémunération de Sciences Po

Sciences po se défend: attirer les meilleurs enseignants nécessite une polititque de rémunération attractive

Sciences po se défend: attirer les meilleurs enseignants nécessite une polititque de rémunération attractive - -

Les Sages de la rue Cambon critiquent à tous les étages l'institution sur ce point. Sciences Po se défend, en arguant que pour attirer les meilleurs enseignants, il faut mettre la main au portefeuille.

La crise de succession à la tête de Sciences Po prend une tournure judiciaire.Ce jeudi 22 novembre, la Cour des Comptes a présenté son rapport sur la gestion de l'établissement.

Le verdict est sans appel : beaucoup d'irrégularités et une absence de contrôle des dépenses. La Cour des Comptes a saisi la Cour de discipline budgétaire et financière, et la ministre de l'enseignement supérieur, de son côté, a décidé de repousser la désignation d'un nouveau directeur.

L'une des anomalies pointées du doigt par le rapport de la Cour des Comptes, est le système de rémunération des enseignants.De son côté, Sciences Po se défend. Principal argument : la compétition internationale sur le marché des enseignants-chercheurs. Pour attirer les meilleurs, il faut ainsi s'en donner les moyens.

L'établissement a progressivement mis en place un système de compléments de rémunérations assez opaque, et surtout sans aucun contrôle de l'Etat. Et c'est bien là que le bât blesse.

L'Etat est, en effet la principale source de financement de Sciences Po. Ses subventions ont même augmenté d'un tiers en six ans, dépassant les 60 millions d'euros par an. Et ce montant donne un droit de regard.

Une politique de primes peu lisible

Plus globalement, c'est bien toute la politique de rémunération de l'école qui est pointée du doigt par La Cour des Comptes. L'attribution des primes exceptionnelles, par exemple, est peu lisible. Elle est laissée à la discrétion de la hiérarchie. Les primes sont très inégales et vont de 62 à 15 000 euros. Le paiement des heures dites complémentaires est, lui aussi, très souvent surévalué.

Et même la rémunération des cadres dirigeants de l'institution, elle aussi, est dénoncée par le rapport.

Au final, c'est la vigilance de la Direction des Etudes et du conseil d'administration qui est mise en cause. Et c'est désormais à la Cour de discipline budgétaire et financière, de décider, s'il y a lieu d'engager des poursuites.

Isabelle Gollentz