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La CFDT milite pour que les déficits des retraites liés à la crise soient mis à part

Sur BFM Business, Frédéric Sève, secrétaire national du syndicat, estime qu'il n'y pas urgence à reprendre la réforme des retraites.

Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre Jean Castex ont été très clairs: la réforme des retraites n'est pas abandonnée, les négociations devraient même reprendre rapidement. Une perspective qui n'enchante guère la CFDT.

Sur BFM Business ce mardi, Frédéric Sève, secrétaire national du syndicat, estime qu'il ne faut "pas se précipiter", "c'est un chantier long (...) dans lequel il n'est pas nécessaire d'aller vite" et ainsi éviter de prendre "des décisions contre-productives".

Pourtant, selon les premières estimations du Conseil d'orientation des retraites (COR), la situation s'est brutalement aggravée avec la crise du coronavirus. Le déficit des différents régimes de retraite pourrait atteindre 30 milliards d'euros cette année. "Ce n'est pas dans l'été qu'on résoudra le problème financier", commente Frédéric Sève.

Sortir les déficits Covid

La centrale syndicale émet néanmoins une proposition pour absorber ce choc. "Nous pensons que les déficits Covid (...) soient sortis du reste" et donc transférés à une caisse d'amortissement dédiée. "Une telle dette, elle n'est pas soluble dans le fonctionnement des régimes de retraite".

Le gouvernement a déjà transféré 136 milliards d’euros de dette sociale vers la Cades en mai. La Caisse d’amortissement de la dette sociale, censée être supprimée en 2024, est ainsi prolongée jusqu'en 2033. Mais le gouvernement prévoit d'aller encore plus loin et de transférer 150 milliards d'euros de la "dette Covid" vers la Cades, avec une extinction du dispositif repoussé à 2042.

Sur cette question des ressources, "ça peut être des ressources fiscales, des ressources de cotisations", indique le responsable de la CFDT, qui n'est donc pas contre une augmentation de certains prélèvements. "Après, il faut choisir les bons. C'est une situation de solidarité nationale, on n'est pas dans un déficit lié au fonctionnement du système, on est dans quelque chose de complètement exogène", conclut le responsable.

Olivier Chicheportiche