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La CFDT conteste le chiffre de 12 milliards d'euros à trouver pour équilibrer le système des retraites

Sur BFM Business, le secrétaire général du syndicat conteste le chiffre du gouvernement et appelle les entreprises à leur responsabilité.

La bataille des chiffres autour de la réforme des retraites se poursuit. Alors que le syndicat Unsa réclame une nouvelle étude d'impact à l'aune des concessions obtenues après les grèves du mois de décembre, la CFDT conteste de son côté le chiffre de 12 milliards d'euros à trouver pour atteindre l'équilibre du système à partir de 2027. Il s'agit de l'enjeu central de l'actuel conférence de financement organisée par le gouvernement jusque fin avril. Selon l'exécutif, l'instauration d'un âge pivot à 64 ans permettrait de récupérer ce montant. Mais les partenaires sociaux peuvent s'entendre sur des solutions alternatives. 

Ce chiffre de 12 milliards, "on demande à le discuter" souligne sur BFM Business ce lundi Laurent Berger, secrétaire général de la centrale syndicale. "Je pense que c'est moins. Quand on parle de déséquilibre, on parle de dépenses et de recettes. Et ce dont on s'aperçoit, c'est que ce ne sont pas les dépenses qui sont en train d'augmenter. Notre système de retraite finalement, avec les mesures qui ont été prises année après année, il va vers l'équilibre. Ce sont des recettes en moins et ces recettes en moins, elles viennent notamment d'un désengagement de l'Etat dans le financement des retraites. Et donc ça ce n'est pas à financer par les travailleurs. Ce n'est pas à financer par des dispositions pour travailler plus longtemps. Nous on veut d'abord objectiver tous les chiffres, les regarder par exemple à l'aune de la démographie. Est-ce que notre système est menacé d'un point de vue démographique? Pas forcément".

"On peut pas avoir le sentiment que le patronat soit exonéré de toute responsabilité"

Conclusion, "moi je ne pense pas que ce soit 12 milliards à trouver. (...) Je pense qu'il y a beaucoup de désengagement de l'Etat qui n'a pas compensé un certain nombre de dispositions, il faut d'abord parler de ça et après on verra", tranche le responsable, qui n'a pas voulu donner d'estimation précise sur ce point de la CFDT. 

Laurent Berger estime également que les entreprises doivent mieux participer au financement des retraites. Que les entreprises "continuent d'assumer leurs responsabilités. C'est payer les cotisations, c'est reconnaître que pour un certain nombre de dispositions, il y a des allègements de cotisations, il faut regarder s'ils sont tous pertinents". 

"Le gouvernement a fait un choix qui n'était pas celui qu'on souhaitait, il a transféré sur la cotisation familles des salariés vers la CSG. Ca c'était pour nous pas une bonne idée, il fallait faire autrement, il fallait notamment le faire pour financer la dépendance et pas l'assurance chômage comme il l'a décidé. Mais les entreprises, elles ont aussi une responsabilité sur l'emploi des seniors, sur la façon dont elles traitent les fins de carrières. Donc tout ça, on peut pas avoir le sentiment comme c'est un peu le cas aujourd'hui que le patronat soit exonéré de toute responsabilité (...) ça passe aussi par un effort des entreprises, évidemment".

Olivier Chicheportiche