BFM Business

La Berd craint une nouvelle crise grecque

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement avertit qu'un échec des discussions entre la Grèce et ses créanciers pèserait sur la reprise en Europe.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement avertit qu'un échec des discussions entre la Grèce et ses créanciers pèserait sur la reprise en Europe. - ARIS MESSINIS - AFP

Une nouvelle impasse dans les négociations entre Athènes et ses créanciers nuirait à la situation économique de la Grèce mais aussi de toute l'Europe centrale, prévient la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

La Grèce ne sera pas seule à pâtir d'une impasse dans les discussions avec le FMI et l'Union. Un échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers risquerait de replonger le pays dans une "profonde récession" et d'entraver l'embellie actuelle en Europe centrale, a averti jeudi la Berd, déjà aux prises dans sa zone d'action avec les crises en Russie et en Ukraine.

Parallèlement, à Athènes, le gouvernement grec a déclaré qu'il espérait des avancées avec l'UE dans une semaine, à l'occasion d'un sommet européen prévu dans la capitale lettone, Riga. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras "demandera que les questions en cours de discussion avec la Grèce soient posées", a indiqué jeudi le porte-parole Gabriel Sakellaridis dans une conférence de presse.

A Tbilissi, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement s'est engagée en mars à investir pour la première fois en Grèce, dirigée par la gauche radicale d'Alexis Tsipras, et inclut à ce titre le pays dans ses prévisions économiques publiées à l'occasion de son assemblée annuelle organisée à Tbilissi (Géorgie).

Fondée en 1991 pour favoriser la transition vers l'économie de marché de l'ex-URSS ainsi que de ses anciens satellites d'Europe de l'Est, la Berd voit ses finances mises à rude épreuve par les difficultés économiques de ces derniers pays mais aussi sa crédibilité attaquée par Moscou, qui lui reproche sa participation aux sanctions.

Les pays d'Europe centrale en danger

La Berd prévoit une croissance nulle du produit intérieur brut grec cette année, après +0,8% l'an dernier. Mais ce pronostic, plus pessimiste que celui de Bruxelles, se base sur un accord entre Athènes et ses partenaires de la zone euro et le FMI, qui négocient laborieusement le déblocage d'une dernière tranche de prêts internationaux de 7,2 milliards d'euros.

"Ces prévisions deviendraient totalement invalides" en cas d'échec, potentiellement synonyme de faillite pour Athènes, constate l'institution financière. "Dans ce cas, la Grèce retomberait probablement dans une profonde récession dont l'ampleur et la durée sont difficiles à évaluer", poursuit-elle.

La Grèce a déjà perdu un quart de son PIB au cours de six années de récession et, après neuf mois de reprise, elle vient d'y replonger, l'activité se figeant vu les incertitudes actuelles. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a encore appelé jeudi la Banque centrale européenne à reporter le paiement de certaines traites, ce que l'institution a toujours rejeté. 

La Berd prévient qu'une nouvelle crise grecque pourrait "assombrir les perspectives" pour les pays d'Europe Centrale, au moment même où la région, Pologne en tête, montre un regain de dynamisme lié à la généreuse politique monétaire européenne et la baisse des cours du pétrole.

L'institution ne cache pas qu'elle n'a pas besoin d'un tel scénario catastrophe alors que le reste de sa zone "historique", l'ex-URSS, traverse une période particulièrement difficile liée à la crise ukrainienne.

N.G. avec AFP