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La baisse des impôts, la vraie différence entre Juppé et Sarkozy

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy divergent sur les baisses d'impôts

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy divergent sur les baisses d'impôts - Martin Bureau - AFP

Dans un entretien au Figaro, l'ex-président de la République égratigne son principal rival en rappelant que, contrairement à ce dernier, il propose à la fois des baisses d'impôts et une réduction de la dépense publique. Il s'agit du principal marqueur économique entre les deux candidats à la primaire de la droite et du centre.

Reculer l'âge de la retraite, réduire la dépense publique de près de 100 milliards d'euros, revenir sur les 35 heures… Les programmes économiques des différents candidats à la primaire de la droite et du centre sont assez similaires. Ceux des deux favoris, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, notamment.

Mais il est un point sur lequel l'ex-président de la République et l'ex-Premier ministre divergent: les baisses d'impôts pour les ménages. Dans une interview au Figaro ce lundi 3 octobre, Nicolas Sarkozy rappelle que "dans les trois mois qui suivront l'élection" il fera voter un plan de réduction de la dépense publique de 100 milliards d'euros et de baisse des impôts de 40 milliards d'euros.

Des ménages moins gâtés avec Juppé

"Ces mesures seront votées immédiatement et concomitamment, j'insiste sur ce point. Il ne s'agit pas pour moi de baisser les impôts puis, plus tard, de voter les économies, ou inversement de commencer par un plan de rigueur sans rien faire pour baisser les impôts", détaille-t-il. "Je veux que les deux soient votés en même temps, car l'un ne peut aller sans l'autre", conclut-il.

Une remarque qui n'est pas anodine puisqu'elle semble être adressée à Alain Juppé qui, lui, prévoit aussi des baisses d'impôts, mais bien plus modestes (28 milliards d'euros contre 42 milliards pour Nicolas Sarkozy).

Surtout, les deux candidats divergent sur le volet ménages. En effet, Nicolas Sarkozy compte dès 2017 faire un geste de 7 milliards d'euros en diminuant l'impôt sur le revenu de 10%, et entend supprimer l'ISF. Une dernière mesure qui figure d'ailleurs également dans le programme d'Alain Juppé.

Néanmoins, le maire de Bordeaux ne prévoit qu'une seule mesure réelle d'allègement des impôts. Et encore, celle-ci ne concerne que les classes moyennes. Alain Juppé compte en effet relever le plafond du bénéfice fiscal permis par le quotient familial. Les familles pourront donc économiser jusqu'à 2.500 euros d'impôt grâce à leurs enfants (contre 1.500 actuellement). Le coût de la mesure est évalué à 2 milliards d'euros.

Cap sur la réduction des déficits

Mais en dehors de ce coup de pouce aux ménages aisés, Alain Juppé ne prévoit pas de baisses d'impôts généralisées via l'impôt sur le revenu ou la CSG, contrairement à Nicolas Sarkozy. "Je ne pense pas que l'on puisse provoquer un choc fiscal de 50 milliards d'euros juste en claquant des doigts", affirmait-il au JDD dimanche 2 octobre.

De fait, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac entend redresser les comptes avant d'envisager tout cadeau fiscal plus large. "La baisse de l’impôt sur le revenu viendra après celle des déficits", indiquait ainsi son entourage à Libération fin août. En ce sens, Alain Juppé prévoit 85 à 100 milliards d'euros d'économies, un chiffre similaire à celui des autres candidats à la primaire de la droite et du centre.

"Baisser les impôts, tout le monde peut le faire, même les socialistes", affirmait d'ailleurs Alain Juppé lors de son discours au Palais des Congrès de Paris le 11 mai dernier, lorsqu'il présentait son programme économique. De fait, Alain Juppé a ainsi préféré privilégier les entreprises aux ménages. "J'assume des baisses de prélèvements ciblées en majeure partie sur les entreprises", affirmait-il aux Échos en mai dernier. Au menu: transformation du CICE en baisse de charges, réduction de l'impôt sur les sociétés à 30% avec un taux à 24% pour les PME, baisse du coût du travail avec réduction progressive des charges familiales.

Alain Juppé n'est pas le seul candidat à prendre ce virage. François Fillon est, de tous, celui qui table sur les économies les plus ambitieuses (110 milliards d'euros) mais il ne prévoit pas de baisse générale de l'impôt ("ce n'est pas une priorité", affirmait-il en février). Bruno Le Maire, lui, table sur 85 à 90 milliards d'euros mais propose de réduire la CSG à 6% (contre 7,5% actuellement). Jean-François Copé, lui, souhaite bien réduire l'impôt sur le revenu. Quant à Nathalie Kosciusko-Morizet, si elle ne prévoit pas de réduire l'impôt sur le revenu, elle rejoint néanmoins Nicolas Sarkozy sur un point. "Il faut baisser les impôts et les dépenses de façon simultanée, quitte à creuser temporairement le déficit", déclarait-elle à l'AFP début septembre. Enfin Jean-Frédéric Poisson, lui, ne prévoit pas de baisse notable des impôts.