BFM Business

L'Union européenne sort son chéquier pour faire grandir plus vite ses start-up

VentureEU offrira de nouvelles sources de financement pour quelque  1500 start-up et scale-up de toute l'UE.

VentureEU offrira de nouvelles sources de financement pour quelque 1500 start-up et scale-up de toute l'UE. - Emmanuel Dunand-AFP

La Commission européenne a sélectionné six fonds qui recevront le soutien de l'UE pour s'engager à investir en capital-risque dans les start-up. Financés à hauteur de 410 millions d'euros, ces fonds devraient lever jusqu'à 2,1 milliards d'euros.

La Commission européenne veut élargir les montants des levées de fonds pour stimuler l'investissement dans les start-up innovantes. Associée au Fonds européen d'investissement (FEI), Bruxelles lancent un programme de financement de fonds paneuropéens de capital-risque (VentureEU). "VentureEU permettra une augmentation du nombre et de la taille moyenne des fonds de capital-risque" selon Elżbieta Bieńkowska, commissaire pour le marché intérieur, l'industrie, l'entrepreneuriat et les PME.

Six fonds déjà existants recevront le soutien de l'Union européenne pour s'engager à investir dans le marché européen du capital-risque. Les deux premiers accords, entre d'une part le FEI et d'autre part IsomerCapital et Axon Partners Group ont été signés à Bruxelles. Les quatre autres (Aberdeen Standard Investments, LGT, Lombard Odier Asset Management et Schroder Adveq) devraient être finalisés dans le courant de l'année 2018.

En Europe, le capital-risque investit 6 fois moins qu'aux États-Unis

Grâce à un financement de l'UE de l'ordre de 410 millions d'euros, ces fonds devraient lever 2,1 milliards d'euros d'investissements publics et privés, "ce qui devrait, selon les estimations, se traduire par 6,5 milliards d'euros de nouveaux investissements dans des start-up et des scale-up innovantes dans toute l'Europe et multiplier ainsi par deux le montant de capital-risque actuellement disponible en Europe" explique la Commission.

Bruxelles déplore que les fonds de capital-risque n'aient investi environ que 6,5 milliards d'euros dans l'UE, contre 39,4 milliards d'euros aux États-Unis, soit six fois plus. "La conséquence est que les start-up à fort potentiel partent vers des écosystèmes où elles ont plus de chances de se développer rapidement. Le nombre d'entreprises qui avaient atteint, fin 2017, le statut de licorne, c'est-à-dire une valorisation de plus d'un milliard de dollars, s'élevait à 26 dans l'UE, contre 109 aux États-Unis et 59 en Chine" explique Bruxelles.

En contrepartie de l'abondement apporté par l'UE, les six fonds sélectionnés par Bruxelles prendront des parts dans un certain nombre de fonds de capital-risque plus petits et couvriront des projets dans au moins quatre pays européens chacun. Les secteurs concernés couvriront les technologies de l'information et de la communication, le numérique, les sciences de la vie, le médical, l'efficacité de l'utilisation des ressources et l'efficacité énergétique.

Frédéric Bergé