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L’OCDE prévoit une croissance française plus faible que prévue

L'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit une croissance de seulement 0,2% pour cette année, contre 0,6% lors des prévisions de mai.

L'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit une croissance de seulement 0,2% pour cette année, contre 0,6% lors des prévisions de mai. - -

La croissance française sera plus faible que prévue, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques. Pour autant, l’OCDE estime que le gouvernement français ne doit pas prendre de nouvelles mesures de rigueur.

La France aura une croissance plus faible que prévue pour 2012. L'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit une croissance de seulement 0,2% pour cette année, contre 0,6% lors des prévisions de mai. Pire, pour 2013, l'OCDE table sur une croissance à 0,3% alors qu'elle avançait le chiffre de 1,2% il y a six mois. Ces prévisions sont en dessous de ceux du gouvernement qui table sur une croissance de 0,3% en 2012 et 0,8% l'an prochain. Mais si les prévisions de croissance ont été revues à la baisse par l’OCDE, l’organisation n’appelle pas à plus de rigueur budgétaire.

« Accepter des déficits quand l’activité chute »

« Quand l’activité chute, il faut accepter des déficits plus élevés, explique Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, l'Office français des conjonctures économiques pour qui une telle situation ne devrait pas relancer l'inquiétude des marchés qui l'acceptent. Ils acceptent de prêter à la France à des taux d’intérêts inférieurs à 2% parce que les marchés savent bien que nos déficits sont liés au fait que nous sommes en période de très basse conjoncture. Ils savent qu’il est normal qu’un pays en dépression ait un déficit ».

« Le mouvement de défiance se renforce lui-même »

Pour Nicolas Bouzou, économiste et dirigeant d'Astérès, une société d'analyse et de prévisions économiques, cette situation a un effet pervers de boule de neige. « Vous avez un mouvement de défiance sur la dette, du coup les taux d’intérêts augmentent. Ces taux d’intérêts, il faut les payer et du coup le déficit s’accroît. Du coup ce mouvement de défiance se renforce lui-même donc ça à un effet boule de neige automatique. Et pour l’inverser, il faut des actions très volontaristes, surtout s’il n’y a pas de croissance. Il faut des augmentations d’impôts – il y en a déjà eu énormément – et sûrement une baisse des dépenses publiques ».

T. de Dieuleveult avec V. Vulin