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L'impôt sur la fortune immobilière rapportera 6 fois moins que l'ISF

Selon Les Echos, ce prélèvement destiné à remplacer l’impôt sur la fortune ne rapportera que 850 millions d’euros par an.

Selon Les Echos, ce prélèvement destiné à remplacer l’impôt sur la fortune ne rapportera que 850 millions d’euros par an. - Damien Meyer - AFP

Selon Les Echos, cette taxe destinée à remplacer l’impôt de solidarité sur la fortune ne rapportera que 850 millions d’euros par an, contre un peu plus de 5 milliards actuellement pour l’ISF.

L'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui doit remplacer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), ne devrait rapporter que 850 millions d’euros par an à l'État, selon Les Echos. Près de six fois moins donc que les recettes générées bon an mal an par son prédécesseur. Ces trois dernières années, le fisc a en effet perçu entre 5 et 5,2 milliards d'euros par an au titre de cet impôt payé par plus de 340.000 contribuables. 

Mais cette baisse des recettes n'est pas surprenante en soi. D'abord, comme le rappelle le quotidien économique et financier, seuls "36% de l'assiette actuelle de l'impôt sur la fortune est composée d'actifs immobiliers". Mais surtout, plus le patrimoine soumis à l'actuel ISF est important, plus la part de l'immobilier diminue. C'est ce qu'ont d'ailleurs récemment souligné les économistes de l'OFCE au sujet du patrimoine des contribuables français les plus riches: "À l'observation de la composition du patrimoine des ménages les plus aisés, fournie par l'analyse des données de la World Wealth & Income database, il apparaît que la part du capital mobilier ne cesse de croître avec le revenu".

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Difficultés à l'Assemblée

Les Français ayant un très gros patrimoine seront donc avantagés puisque le nouvel impôt ne prend en compte que les actifs immobiliers. Et ils le seront d'autant plus que le barème de l'ISF est progressif. Ceux qui étaient le plus taxés jusqu'à maintenant sont ceux qui vont bénéficier de la plus forte baisse.

Il est d'ailleurs fort probable que le faible rendement du nouvel IFI mette en difficulté la majorité présidentielle lors du débat budgétaire cet automne. Alors que la droite plaidera pour une suppression totale de l'ISF, la gauche devrait défendre son maintien arguant d'un cadeau aux plus riches des Français.

J.Mo.