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L'Europe risque une "génération perdue", selon Washington

Le secrétaire américain au Trésor a déjà critiqué le manque d'action de l'Allemagne par le passé.

Le secrétaire américain au Trésor a déjà critiqué le manque d'action de l'Allemagne par le passé. - Alex Wong - Getty Images North America - AFP

Le secrétaire américain au Trésor a félicité l'action de la Banque centrale européenne, mais invite les Etats européens à soutenir leur consommation. Selon lui, la croissance américaine ne suffira pas à relancer l'économie mondiale.

Alors que le sommet du G20 doit se tenir cette semaine en Australie, le secrétaire américain au Trésor n'hésite pas à froisser ses homologues européens. "En maintenant le status quo, les politiques européennes n'ont pas atteint le but du G20: une croissance forte et durable", a déclaré Jacob J. Lew lors d'un discours à Seattle (Nord-Ouest des Etats-Unis), ce mercredi.

Le secrétaire au Trésor, qui avait déjà critiqué l'Allemagne (lien en anglais) pour son manque de soutien à la consommation en 2013, salue les efforts de la Banque centrale. Mais selon lui, ces "efforts importants pour soutenir l'économie à travers la politique monétaire" ne "seront pas suffisants à eux seuls pour revenir à une croissance saine".

"Des actions déterminées sont nécessaires"

En février, les pays industrialisés et émergents du G20 s'étaient fixés l'objectif de doper la richesse mondiale de 2% dans les cinq prochaines années.

"Le monde ne peut pas se permettre une décennie perdue en Europe", a-t-il affirmé. "Des actions déterminées des autorités nationales et des autres institutions européennes sont nécessaires pour réduire le risque que la région ne s'enfonce dans un déclin plus profond".

"Le spectre de la déflation hante l'Europe"

Alors que les chiffres de l'inflation et de la croissance européenne, qui seront publié dans le courant de la semaine, risque de ne pas être bons, les Etats-Unis ont enregistré une croissance de 3,5% au troisième trimestre, un résultat meilleur que prévu.

"L'économie mondiale (...) ne peut attendre des Etats-Unis qu'ils progressent suffisamment pour compenser la faible croissance dans les principales économies mondiales", a encore dit M. Lew.

Jacob J. Lew n'est pas le seul à critiquer le Vieux Continent avant le G20. Le gouverneur de la banque centrale britannique, Mark Carney, a déclaré: "Un spectre hante l'Europe: le spectre de la déflation", une référence à la première phrase du Manifeste du Parti communiste, de Karl Marx.

Joseph SOTINEL avec AFP