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L'Europe divisée sur le dossier grec

La Grèce reste plombée par une dette de 320 milliards d'euros (photo d'illustration: le parlement grec)

La Grèce reste plombée par une dette de 320 milliards d'euros (photo d'illustration: le parlement grec) - Aris Messinis - AFP

Le gouvernement grec a envoyé, ce jeudi 19 février, une lettre demandant l'extension de six mois de l'accord de prêt européen. Un souhait qui divise les partenaires européens de la Grèce.

Les doléances de la Grèce sont désormais, en partie, connues. Athènes a, en effet, transmis ce jeudi 19 février à Bruxelles sa demande d'extension de six mois de l'accord du prêt européen en cours, destinée à assurer le financement à court terme du pays avant de bâtir un programme complet de réformes, a-t-on indiqué de source gouvernementale.

La zone euro, via le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, a confirmé avoir reçu la lettre demandant "une extension de six mois", c'est à dire jusque fin août.

"La demande a été envoyée", a indiqué cette source, sans préciser le contenu précis de la requête qui sera examinée dans l'après-midi par les partenaires européens de la Grèce toujours réticents à accepter que le gouvernement Tsipras s'affranchisse des mesures d'austérité du programme en cours. Selon l'agence Reuters, qui a eu accès au document, le texte indique que la Grèce "honorera ses obligations financières à l'égard de tous ses créanciers". La prolongation de cette aide sera, par ailleurs, supervisée par la troïka. De plus Athènes s'engage "à ne prendre aucune initiative unilatérale susceptible de remettre en cause les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité".

Un peu plus tard dans la journée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a indiqué que cette demande "ouvre la voie à un compromis raisonnable". Mais, à l'inverse, quelques minutes plus tard le ministère allemand des Finances a fait savoir que cette proposition ne propose pas de "solution substantielle". 

Pour le vice-chancelier du gouvernement d'Angela Merkel, Sigmar Gabriel, la demande d'extension n'est "pas suffisante" mais "doit être utilisée comme point de départ de négociations".

D'ailleurs, un document allemand consulté par Reuters juge que la demande grecque de prolongation du programme d'assistance financière est un "cheval de Troie" qui laisse une "immense liberté d'interprétation" et ne garantit en rien qu'Athènes respectera les conditions de ses prêts actuels.

Une solution gagnante-gagnante?

Bruxelles avait donné au gouvernement d'Alexis Tsipras jusqu'à vendredi pour solliciter la poursuite du programme d'aide arrivant à échéance le 28 février, et Berlin a réaffirmé que cette prolongation était indissociable de la mise en oeuvre des réformes prévues par le plan en cours depuis 2010.

Or la Grèce continue de différencier la prorogation de l'accord de prêts européens de celle des mesures de rigueur qui l'accompagnent, que le gouvernement Tsipras souhaite remettre en cause. Une réunion de hauts fonctionnaires de la zone euro, un Euro Working Group, se tient jeudi pour examiner la demande grecque. Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront ou s'entretiendront par téléphone vendredi au sujet de la Grèce, uniquement si les Grecs présentent une requête jugée valable.La bourse Athènes poursuivait jeudi, comme mercredi, son évolution à la hausse.

J.M. avec AFP