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L'Eurogroupe irrité par le référendum annoncé par la Grèce

Il ne reste plus que 3 jours à la Grèce pour payer une échéance au FMI.

Il ne reste plus que 3 jours à la Grèce pour payer une échéance au FMI. - Louisa Gouliamaki - AFP

L'Eurogroupe se réunit ce 27 juin à Bruxelles dans un climat de grande confusion après l'annonce par Athènes de l'organisation d'un référendum. Pour le ministre allemand des Finances, la Grèce a ainsi "mis fin unilatéralement aux négociations.

L'annonce par le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dans la soirée de vendredi, de l'organisation d'un référendum le 5 juillet sur la proposition des créanciers passe mal auprès des membres de l'Eurogroupe, qui se réunissent à Bruxelles ce samedi.

Les ministres des Finances, dont certains n'ont pas caché ces derniers temps leur lassitude et leur irritation face au partenaire grec, pourraient finalement changer l'ordre du jour de leur réunion et la consacrer à un sujet qui jusqu'ici était bien présent dans les esprits mais restait tapi dans l'ombre: le fameux "plan B", c'est-à-dire les mesures à mettre en place en cas d'échec des négociations.

Un référendum lourd de conséquence

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a qualifié la tenue d'un référendum sur le renflouement du pays de "triste décision" qui "ferme la porte à la poursuite des discussions" . "Nous allons écouter le ministre grec, et nous discuterons des conséquences", a-t-il déclaré.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, s'est lui aussi emporté contre la dernière décision de la Grèce, qui a ainsi, selon lui, mis "fin unilatéralement aux négociations" avec ses créanciers. "Pour le moment il n'y a plus de base pour des négociations (...) aucun des collègues à qui j'ai parlé n'a une idée de ce que l'on peut faire maintenant", a-t-il déclaré.

Plus mesurée, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré que "nous allons continuer à travailler" pour restaurer la stabilité financière de la Grèce. 

Trois jours pour rembourser le FMI

Résumant l'état d'esprit des créanciers, un responsable a expliqué qu'ils sont "convaincus que leurs propositions sont vraiment généreuses" envers la Grèce. "Peut-être qu'ils se sentent un peu démoralisés, surtout en comparaison avec les négociations avec l'Espagne, le Portugal et l'Irlande", trois autres pays ayant obtenu un programme d'aide international.

M. Tsipras, qui avait rencontré en petit comité jeudi la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande en marge d'un sommet européen à Bruxelles, a indiqué les avoir avertis de ses intentions, ainsi que le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi.

La Grèce n'a plus que trois jours pour rembourser au Fonds monétaire international un prêt de 1,5 milliard d'euros, et si elle ne trouve pas cet argent, c'est le défaut de paiement qui guette, prélude à une sortie de la zone euro. Une perspective aux conséquences imprévisibles qui fait frémir dans les capitales des 18 autres membres de l'union monétaire.

Les Grecs opposés aux conditions imposées par les créanciers

Vendredi, un document avait fait l'objet de fuites, montrant que les créanciers (FMI et UE) proposaient à Athènes de prolonger son plan d'aide jusqu'à fin novembre, avec à la clé potentiellement 15,5 milliards d'euros de prêts (12 des Européens, 3,5 du FMI), en échange des réformes demandées, à la fois budgétaires et structurelles. Ce plan prévoit une aide immédiate de 1,8 milliard pour faire face à l'échéance du 30 juin, quitte à ce que le délai ne soit pas tout à fait respecté, car un accord nécessite d'abord l'aval du Parlement grec et d'autres Parlements européens, en particulier le Bundestag allemand.

Mais les Grecs ont rapidement fait savoir qu'ils n'acceptaient pas ce plan, jugeant l'échéance trop courte, le montant insuffisant et les conditions trop exigeantes. Depuis des mois, leurs discussions avec les créanciers bloquent sur la réforme des retraites et celle de la TVA, mais aussi sur l'exigence d'Athènes de discuter dès maintenant d'un réaménagement de sa dette colossale qui avoisine 180% du PIB.

C.C. avec agences