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L'Etat revoit de fond en comble son système d'alerte aux populations

Objectif : remplacer le bon veux réseau de sirènes installés notamment sur les toits des mairies

Objectif : remplacer le bon veux réseau de sirènes installés notamment sur les toits des mairies - Photo: ministère de l'Intérieur

Pour remplacer les vieilles sirènes installées sur les bâtiments publics, la France va se doter d'un nouveau dispositif d'alerte utilisant les téléphones mobiles. Problème: il ne sera pas opérationnel avant la mi-2016.

Ce matin à l'Assemblée nationale, Manuel Valls n'a pas hésité à évoquer les risques d'attentats perpétrés avec des "armes chimiques ou bactériologiques".

Comment justement alerter la population en cas de risque majeur, qu'il s'agisse d'actions terroristes, mais aussi d'accidents chimiques ou bactériologiques voire de catastrophes naturelles ?

Dès 2011, les pouvoirs publics ont lancé le SAIP, Système d'alerte et d'information des populations, destiné à remplacer le bon vieux réseau de sirènes installés sur les mairies et autres lieux publics. Son coût total de mise en place a initialement été estimé à 78 millions d'euros. 

1.743 zones à risques recensées

Ce SAIP sera à terme constitué de 5.338 sirènes modernes mises en réseau. Elles seront en particulier implantées dans 1.743 bassins de population jugés "risqués" en raison par exemple de la présence d'entreprises chimiques. 

Second vecteur d'alerte: les opérateurs de téléphonie mobile enverront des messages à leurs abonnés. En parallèle, l'Etat prévoit de se doter de 550 automates d'appel.

Enfin, 3.100 panneaux installés dans les villes à des points stratégiques doivent relayer les messages d'alerte de la Sécurité civile

Déploiement en cours

Le problème, c'est que le SAIP est loin d'être totalement opérationnel. Certes, deux sites pilotes, dans le Rhône et les Bouches-du-Rhône, deux départements comportant beaucoup de sites industriels sensibles, ont été équipés dès 2013. Sur l'ensemble du territoire, plus de 700 sirènes sur les 5.338 prévues sont également installées. 

Le logiciel de pilotage de l'ensemble du dispositif a bien été réceptionné par le ministère de l'Intérieur, mais sa mise en service n'est prévue qu'à l'été 2016. 

Quant aux négociations avec les opérateurs téléphoniques pour l'envoi des messages d'alerte, elles sont toujours en cours comme le constate le député Patrick Lebreton, rapporteur des crédits du ministère de l'Intérieur à l'Assemblée. 

P.C