BFM Business

L'Espagne risque-t-elle de payer au prix fort l'aide du FESF?

Les anticipations des investisseurs ont dopé la Bourse espagnole qui termine à +4,45%.

Les anticipations des investisseurs ont dopé la Bourse espagnole qui termine à +4,45%. - -

Les investisseurs pensent que le pays va solliciter une aide au FESF. Quelles seraient les étapes de ce processus? L'Espagne peut-elle y perdre une importante partie de sa souveraineté budgétaire et fiscale?

La Bourse de Madrid est euphorique. Lundi 6 août, l’IBEX a bondi de 4,45% à 7053 points. Cette forte hausse de l’indice est dopée par les rumeurs d’une aide européenne à l’Espagne sur le marché de la dette.

Concrètement, le FESF (Fonds européen de stabilité financière) pourrait intervenir pour acheter de la dette espagnole et soulager Madrid. Actuellement, l’Espagne doit toujours consentir des taux supérieurs à 6,60% pour emprunter à 10 ans, un niveau considéré comme insoutenable par les économistes.

Les objectifs de réduction de déficit pourraient être durcis

Cependant, l’intervention du FESF nécessite une demande d’aide globale de l’Espagne à l’Europe et à la BCE. Dans un tel cas de figure, Madrid risquerait de voir son pilotage budgétaire davantage supervisé par Bruxelles. D’après les économistes interrogés par la rédaction, le pays perdrait alors une importante partie de sa souveraineté budgétaire et fiscale.

La première étape de cette demande serait la signature d'un accord, entre l'Espagne et les autres pays de la zone euro. Des conditions seraient alors définies pour que Madrid puisse bénéficier d’un sauvetage. Pour Philippe Mimran, directeur des gestions chez la Française Asset Management, le risque serait alors que les objectifs de réduction de déficit soient encore plus sévères. En juillet, l’Espagne a demandé à bénéficier d’un délai d’un an pour réduire son déficit budgétaire à hauteur de 3% du PIB d’ici 2014, au lieu de 2013.

Avant la signature de cet accord, le texte sera soumis à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI. Officiellement, il ne s’agit que d’une simple consultation de la part des deux institutions. Mais pour Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis, c'est bien la BCE qui risque de mener la danse des négociations.

Pour les spécialistes, l'Espagne est déjà en train de négocier

La seconde étape serait l'aide en elle-même. Le FESF interviendrait alors sur le marché primaire en achetant de la dette espagnole. A ses côtés, la BCE rachèterait, elle, de la dette sur le marché secondaire, comme l'a promis son président Mario Draghi.

Les spécialistes sont d’ailleurs convaincus que l'Espagne est en réalité déjà en train de négocier. Le pays ibérique chercherait à avoir un peu plus de précisions sur les conditions à remplir et sur le détail de l'aide. Il s’agirait de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Dorothée Balsan et BFMbusiness.com