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L'Assemblée nationale doit voter ce lundi soir l'aide à la Grèce

Les députés doivent adopter ce lundi soir, sauf coup de théâtre, le volet français du plan de soutien à la Grèce prévoyant jusqu'à 16,8 milliards d'euros de prêts sur trois ans, un "impératif moral et économique" pour la ministre de l'Economie Christine L

Les députés doivent adopter ce lundi soir, sauf coup de théâtre, le volet français du plan de soutien à la Grèce prévoyant jusqu'à 16,8 milliards d'euros de prêts sur trois ans, un "impératif moral et économique" pour la ministre de l'Economie Christine L - -

PARIS - Les députés doivent adopter ce lundi soir, sauf coup de théâtre, le volet français du plan de soutien à la Grèce prévoyant jusqu'à 16,8...

PARIS (Reuters) - Les députés doivent adopter ce lundi soir, sauf coup de théâtre, le volet français du plan de soutien à la Grèce prévoyant jusqu'à 16,8 milliards d'euros de prêts sur trois ans, un "impératif moral et économique" pour la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Le Sénat votera jeudi et vendredi sur ce projet de loi de finances rectificative, qui valide 3,9 milliards d'euros de prêts en 2010 à un taux fixe de 5%.

Le texte devrait être adopté à la quasi-unanimité, les socialistes ayant annoncé qu'ils le soutiendraient.

L'engagement français s'inscrit dans le cadre du plan de soutien des pays de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).

La part de la France dans l'aide promise par les pays de la zone euro - 80 milliards d'euros - correspond à sa quote-part (21%) dans le capital de la Banque centrale européenne (BCE).

Le FMI ajoutera 30 milliards à ce plan qui atteint 110 milliards d'euros, de manière à couvrir les besoins d'Athènes jusqu'en 2012.

En échange de l'aide, la Grèce s'est engagée à mener un nouveau plan d'austérité visant à rapidement réduire son déficit public.

UNION NATIONALE

Les exigences imposées aux Grecs ont suscité l'ire des députés communistes, qui voteront contre un plan qu'ils jugent inéquitable.

Il ne s'agit pas de sauver la Grèce, a dit le député communiste Jean-Pierre Brard, mais de "sauver les créanciers de la Grèce sans qu'ils aient à financer les produits de leurs propres turpitudes", citant nombre de banques et les "marchands d'armes" qui seraient exposés à la dette grecque.

Les banques participeront à l'effort collectif, a assuré Christine Lagarde devant les députés, rappelant l'engagement pris par l'Institute of international finance (IIF) qui regroupe l'ensemble des grandes institutions financières. Elle n'a pas précisé la part que prendraient les banques françaises.

"Nous avons pour impératif la réactivité car c'est la stabilité de la zone euro qui est en jeu, pour la première fois de son histoire", a dit la ministre en présentant le collectif budgétaire.

Un parfum d'union nationale flottera dans la soirée à l'Assemblée nationale, le Parti socialiste ayant décidé de voter en faveur du texte.

Pour le ministre du Budget François Baroin, le PS a justifié là son statut de parti de gouvernement: "C'est une attitude responsable, respectable et que le gouvernement salue à la juste hauteur de cette solidarité", a-t-il dit.

La gauche a cependant protesté contre le taux d'intérêt des prêts, fixé à 5% alors que l'Etat français emprunte à 1,5% sur les marchés.

Ce point ayant été fixé entre les pays européens, le Parlement ne pourra le modifier. Le groupe socialiste, par la voix de Jérôme Cahuzac, le président de la commission des Finances , a cependant demandé à Christine Lagarde de voir, avec son homologue allemand, "s'il n'est pas possible de prêter à la Grèce dans les conditions les meilleures qu'ils soient".

"Cette question pose problème, car on pense qu'entre punir un pays et l'aider, il faut définitivement choisir", a-t-il dit.

Le taux "constitue la rémunération du risque grec" , a dit Christine Lagarde à l'Assemblée nationale.

"Les prêts sont effectués à des taux non concessionnels longuement débattus afin d'inciter la Grèce à retourner sur les marchés le plus rapidement possible", a-t-elle ajouté.

Le taux fixe de 5% correspond peu ou prou au taux variable de 3,75% auquel prête le FMI, a affirmé la ministre.

Clément Guillou et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse