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Juppé dénonce la "brutalité sociale" du programme de Fillon

Alors qu'il accuse un retard conséquent sur son concurrent, le maire de Bordeaux a mis l'accent sur la suppression massive du nombre de fonctionnaires, proposée par ce dernier.

Largement distancé par François Fillon lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé a désormais une semaine pour inverser la tendance. Et si le duel idéologique se jouera sur le plan sociétal, tel est également le cas en matière économique.

Invité de de France 2 lundi 21 novembre, le maire de Bordeaux a ainsi concentré ses attaques sur la suppression massive du nombre de fonctionnaires, proposée par son concurrent, comme il l'avait fait un peu plus tôt dans la soirée. "Sur le plan économique, son programme est d’une très grande brutalité sociale", a-t-il ainsi affirmé. "Supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires, porter la durée du travail dans la fonction publique dès 2017 à 39 heures, augmenter la TVA de 16 milliards d’euros, ce sont des mesures d’une grande brutalité, dont certaines sont inapplicables".

Fillon se réclame...de Schröder

"500.000 postes de fonctionnaires supprimés en 5 ans, c’est tout simplement infaisable. On ne peut pas vivre avec zéro recrutement de policiers, d’enseignants, d’infirmières pendant 5 ans", a poursuivi l’ancien Premier ministre. "La rupture, ça ne doit pas consister à casser la baraque" car "la baraque est fragile".

"Mes réformes sont audacieuses, et crédibles. De 2007 à 2012, on n’a supprimé 150.000 postes de fonctionnaires, pas 500.000", a-t-il ajouté, ironisant par la suite sur "la reconstitution de l"équipe Fillon-Sarkozy" .

Invité quant à lui de TF1, François Fillon s'est défendu de toute brutalité, invoquant des méthodes "utilisées avec succès par nos voisins, souvent par la gauche d'ailleurs... La diminution de la dépense publique, la souplesse du travail, ce sont des méthodes de Schröder, Renzi, ou Blair. Ma réponse, c'est qu'il faut un changement profond. Et je constate après les milliers de contacts que j'ai eu c'est qu'il y a une majorité de Français qui le souhaitent". 

Y.D.