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Jean-Luc Mélenchon s’en prend violemment au "poison allemand"

Jean-Luc Mélenchon estime que l'Allemagne est "de nouveau un danger" pour l'Europe.

Jean-Luc Mélenchon estime que l'Allemagne est "de nouveau un danger" pour l'Europe. - Patrick Kovarik - AFP

Le leader du Parti de gauche va publier un ouvrage dans lequel il dénonce le "danger" que représente à ses yeux l’Allemagne d’aujourd’hui.

Même si Jean-Luc Mélenchon n’a que rarement été en odeur de sainteté outre-Rhin, l’initiative risque fort de déplaire à Angela Merkel et ses troupes. Dans un ouvrage à paraître le 7 mai prochain, le cofondateur du parti de gauche dénonce en effet "le poison" que constitue selon lui l'Allemagne pour l'Europe, dans un "pamphlet" intitulé "le Hareng de Bismarck (Le poison allemand)".

"Ceci est un pamphlet", affirme-t-il dans l'"avertissement" de cet ouvrage de 212 pages publié chez Plon. Son "but est de percer le blindage cotonneux des béatitudes et des langueurs de tant de commentateurs hypnotisés par l'Allemagne", ajoute le responsable politique, qui dit s'être décidé à l'écrire "après avoir vu de quelle manière odieuse la nomenclature allemande a traité le nouveau gouvernement grec d'Alexis Tsipras et le peuple au nom duquel il parle".

"Un monstre est né sous nos yeux"

"Un monstre est né sous nos yeux, l'enfant de la finance dérégulée et d'un pays qui s'est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L'un ne serait rien sans l'autre. Cette alliance est en train de remodeler le vieux continent à sa main. Dès lors, l'Allemagne est, de nouveau, un danger. Le modèle qu'elle impose est, une fois de plus, un recul pour notre civilisation. Qu'elle ait pour paravent la Commission européenne, pour cheval de trait l'OTAN et pour complice toute la caste du fric dans chacun de nos pays ne retire rien à sa responsabilité dans l'affaire", ajoute-t-il.

"L'Europe va sombrer dans la violence"

Face à ce "poison allemand (qui) est l'opium des riches", Jean-Luc Mélenchon appelle à "changer nos vies et (à) faire changer l'Allemagne". Dans des extraits publiés dans Le Point de jeudi, il estime aussi que "les Allemands sont les plus mal placés pour accuser les Grecs de ne pas payer leur dette. Car les Allemands sont les spécialistes du défaut sur leur dette. Ils ont fait défaut trois fois au cours du XXe siècle! La première fois après la Première Guerre mondiale, la deuxième en 1953 et la troisième en 1990 après la réunification (...) Que l'Allemagne accepte d'annuler une partie de la dette grecque aujourd'hui ne serait qu'un juste retour".

"Mon livre lance l'alerte. L'Europe va sombrer dans la violence au sein des nations comme entre elles", affirme encore Jean-Luc Mélenchon à l'hebdomadaire.

Y.D. avec AFP