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Italie: Matteo Renzi veut réduire les impôts

Matteo Renzi veut notamment réformer la loi électorale, source d'instabilité politique chronique pour le pays.

Matteo Renzi veut notamment réformer la loi électorale, source d'instabilité politique chronique pour le pays. - -

Le futur chef du gouvernement italien a présenté, ce lundi 24 février, son programme devant le Sénat. Le jeune maire de Florence compte accélérer les réformes et promet "une réduction à deux chiffres de la pression fiscale".

Le futur président du Conseil italien a au moins la confiance des marchés. Matteo Renzi, 39 ans, a présenté, ce lundi 24 février, son programme pour obtenir la confiance du Sénat.

L'arrivée tonitruante au pouvoir du maire de centre gauche de Florence n'inquiète pas les investisseurs. Depuis l'annonce, le 13 février, de la démission de son prédecesseur, Enrico Letta, les taux à 10 ans de la dette italienne sont passés de 3,71% à 3,56%.

Cette sérénité peut-elle durer? Car, sur le plan économique, Matteo Renzi a promis un ensemble d'engagements qu'il ne lui sera pas aisé de tenir. "Globalement il y a un consensus pour dire qu'il faut plus de réformes. Le problème est que Letta n'avait pas réussi à aller assez loin. L'objectif de Renzi est donc d'accélérer la mise en place de [ces] réformes", explique Cédric Thellier, économiste chez Natixis.

Ne pas déstabiliser les marchés

Dans le viseur du dirigeant italien: la réforme du mode de scrutin. "Renzi veut avancer sur la réforme de cette loi électorale, car c'est elle qui est à l'origine de l'instabilité politique chronique du pays", fait remarquer Cédric Thellier. En atteste les élections de février 2013 qui avaient débouché à une quasi-impasse pour former un gouvernement, ce qui avait alors affolé les marchés.

Le problème est que le Florentin dispose d'une marge de manœuvre parlementaire étroite. Dans une note parue le 14 février dernier, l'économiste Luca Silipo, également de Natixis, souligne que le Parti Démocrate, dont est issu Renzi, "n’est représenté [à la chambre haute du Parlement, ndlr] que par 111 sénateurs seulement sur un total de 315, ce qui est très loin de constituer une majorité". "Pour gouverner, le nouveau gouvernement Renzi devra s’appuyer sur une majorité tout aussi fragmentée, considérée comme étant la principale origine de l'échec du gouvernement Letta", poursuit-il.

Le fardeau de la dette

En termes de réformes économiques, Matteo Renzi compte notamment s'attaquer à la fiscalité. Selon la presse transalpine, il aurait l'intention d'abolir l'Irap, l'équivalent de l'ex-taxe professionnelle française, d'abaisser l'impôt sur le revenu des ménages les plus modestes, et compte en revanche accroître la taxation du capital.

En outre, il souhaite approfondir les réformes faites par l'Italie sur le marché du travail en présentant au plus vite un texte qui proposera encore davantage de flexibilité. Une réforme pour simplifier l'administration sera aussi à l'ordre du jour en mars.

Limiter le déficit

Mais les réformes de Renzi vont se confronter à d'autres impératifs macroéconomiques, parmi lesquels la croissance, le pays étant à peine revenu en territoire positif au dernier trimestre 2013 (+0,1%).

La faible croissance, elle-même, pose un problème d'ordre budgétaire à l'Italie. Comme ses prédecesseurs, Matteo Renzi a pour obligation de limiter au maximum le déficit, objectif que Rome a jusque-là plutôt bien tenu. Mais l'atonie de cette croissance qui devrait encore perdurer en 2014, le FMI tablant sur un modeste 0,6%, donne moins de marge à Renzi. Pour cette raison, les économistes de Natixis estiment que le déficit atteindra 2,9% du PIB cette année quand le gouvernement Letta visait 2,5%.

Or, Rome doit assainir le plus vite possible ses finances,la dette du pays dépassant 130% du PIB. Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas, rappelle ainsi que "les paiements d’intérêts représentent environ 5 % du PIB,contre 3 % en moyenne pour la zone euro".

"Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre.Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous", a martelé, ce lundi Matteo Renzi. Autrement dit, pour préparer le futur, le dirigeant italien va aussi devoir régler l'héritage du passé.

Julien Marion