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Insee: la drogue et la prostitution rapportent quatre points de PIB

L'Insee citera les revenus du trafic de drogue et d'armes et de la prostitution dans une comptabilité séparée.

L'Insee citera les revenus du trafic de drogue et d'armes et de la prostitution dans une comptabilité séparée. - -

L'Insee n'intégrera pas le trafic de drogue dans le calcul du PIB, contrairement à ce que demande Bruxelles. L'institut de la statistique explique ce 18 juin qu'il produira désormais une double comptabilité.

On savait que la morale ne fait pas bon ménage avec l'économie, mais elle s'accommode encore plus mal de la froideur des statistiques. L'Insee explique ce 18 juin qu'elle n'appliquera pas les nouvelles normes comptables élaborées par Eurostat, qui impose notamment aux pays de l'Union de prendre en compte l'économie parallèle et souterraine.

L'objectif de l'institut européen est de rendre comparables les statistiques des différents Etats membres, et pouvoir ainsi calculer la contribution de chaque pays au budget européen. Il préconise donc de compter les revenus de la prostitution, du trafic de drogue et d'armes dans le PIB.

La plupart des pays scandinaves le faisait déjà, rejoint il y a peu par l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne. Ce n'est pas neutre: cela peut représenter au total jusqu'à 10% de PIB supplémentaire.

L'Insee compte la prostitution "discrète"

A partir de septembre prochain, tous les pays européens y seront tenus. Mais l'institut français de la statistique ne se pliera pas aux demandes de l'Europe. C'est une question de déontologie: ses analystes expliquent qu'ils ne peuvent pas intégrer à la comptabilité nationale des activités qui ne sont pas librement consenties.

Une partie de ces activités est déjà prise en compte, se défend l'lnsee. La prostitution dite "discrète", c'est-à-dire que se cache derrière d'autres activités déclarées, apparaît, de fait, dans ses calculs. Elle représenterait 4 points du PIB français. Soit autant que la fraude fiscale et le travail au noir.

L'institut français a tout de même trouvé un moyen de sortir de cet imbroglio: il va produire une double comptabilité. D'un côté, le Revenu national brut réclamé par Eurostat, et intégrant l'économie parallèle, de l'autre, il continuera à publier son PIB traditionnel. Les deux nombres devraient être distants de 50 milliards d'euros sur un total de 2.100 milliards d'euros.

Emmanuel Lechypre et BFMbusiness.com