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Ils tentent de nous faire rire avec la crise grecque

Les négociations entre Européens sur l'aide à la Grèce assimilée à un combat de karaté par un site média grec.

Les négociations entre Européens sur l'aide à la Grèce assimilée à un combat de karaté par un site média grec. - Capture d'écran YouTube

D'ingénieux internautes ont passé des heures à bidouiller des extraits de grands classiques du cinéma pour y intégrer les principaux acteurs du feuilleton économique de l'été. Des parodies comiques qui font fureur sur le net.

Chansons, "mèmes", hashtags... La crise grecque et ses multiples rebondissements n'en finissent pas d'inspirer les joyeux drilles du web. Quelques humoristes amateurs -qu'on peut imaginer particulièrement désœuvrés- ont passé des heures sur leur logiciel de montage afin de pondre des détournements d'extrait de films pour raconter leur version de l'histoire. Sélection:

> L'accord noué entre la Grèce et ses créanciers à la mode Karaté Kid

Aucun dialogue ici dans cette vidéo parodique postée jeudi par le site internet du journal grec SDNA. Dans cette scène de film américain de Kung Fu, Tsipras est le karaté kid. Il est en train de se prendre une raclée par la chancelière allemande Angela Merkel, quand débarque Jackie Chan – François Hollande, qui met une tatane aux affreux, la dirigeante allemande et ses deux acolytes, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, et le ministre des Finances finlandais, Alexander Stubb. Une allégorie subtile des négociations du week-end dernier, au cours desquelles les représentants finlandais et allemand ont tenu une ligne dure face à Athènes, tandis que le président français aurait joué le médiateur, obtenant un accord à l'arraché.

> L'aide à la Grèce façon "300"

Cette version revisitée du sanglant Peplum a été publiée le 8 juillet 2015 sur la plateforme de vidéo YouTube par Der Schulte, un utilisateur germanophone, "Qu'est-ce que vous voulez?", demande le roi des Spartes, Leonidas, à l'émissaire des Perses qui, dans le film original, tentent d'envahir la Grèce. "Seulement que vous nous rendiez notre argent", répond celui-ci. "Il ne nous en reste plus, on a tout dépensé en alcool, en femmes, en jeux, en ouzo (!), en voitures, en bateau, en centrale de dessalement et en olives". "Et en p...", ajoute le numéro deux de Leonidas. "Je t'ai dit pas de p...", le fait taire le roi sparte.

Puis il sort son épée et hurle: "on veut plus de cash"! Et alors que se met en route la musique du Sirtaki, il lance "nous voulons reconstruire l'acropole en diamants, et nous voulons une Apple watch en or pour chaque citoyen, et un abonnement Spotify Premium, et les droits de diffusion exclusif de tous les programmes sportifs DU MONDE et de… Game of Thrones". "Est-ce que vous êtes fou?", demande le messager. "Non, nous sommes Grecs"! lui répond le monarque.

> Grease chante la crise de la dette grecque

"C'est problématique -coup de cymbale-, c'est systématique -coup de cymbale-, c'est adriatique -coup de cymbale- C'est la crise grecque", chante en ouverture un faux John Travolta aux pectoraux et biceps qui ne tiennent pas vraiment la comparaison, mais à la voix au moins aussi mélodieuse. Quelques punchlines pour placer le décor: "une crise financière fait rage en zone euro (chœur: "continuez de parler, continuez de parler"), beaucoup de dette grecque et un emprunt en retard (chœur: "la Grèce veut l'argent, la Grèce a besoin de l'argent"), maintenant la troika dit 'assez" et montre à la Grèce la porte".

La vidéo, postée le 11 juillet 2015, condense ainsi quelques-uns des tubes de la comédie musicale, pour s'achever sur le fameux "You are the one that I want" aux paroles remixées. "les maux sociaux… se multiplient, et on peeeeeeerd, le contrôle, parce que l'argent, du FMI, expire bientôt"! A regarder au moins pour le superbe magnifique play back de la fausse Olivia Newton John.

> Les négociations Europe Grèce à la sauce "La Chute"

Depuis l'obtention d'un accord que d'aucuns jugent trop sévère envers Athènes et dicté par la rigueur allemande, le "Germany bashing" est à son comble sur le net. Un sentiment anti-allemand particulièrement vibrant en Grèce qui, sur les réseaux sociaux, atteint vite le point Godwin (la référence au nazisme). Nouvel exemple avec cet extrait du film "La Chute", qui raconte les derniers jours de la vie d'Hitler, détourné pour raconter le déroulé des négociations vu d'Allemagne, postée sur YouTube par un utilisateur qui a choisi pour pseudonyme "Athena Vibrating".

Ivre de colère, le Führer s'y écrie "Merkel m'a dit qu'elle avait appauvri et affamé les Grecs, qu'ils n'avaient plus rien à voir avec les héros de 1940. J'étais à deux doigts d'accomplir le plan des banquiers, maintenant si Podemos est élu en Espagne, on va finir par danser le Sirtaki". Les proches du Führer attendent dehors. Parmi eux, sa maîtresse, à qui une amie dit: "ne pleure pas, peut-être que Varoufakis (l'ex-ministre des Finances grecques, ndlr) te prendra comme petite copine".

> La crise grecque en Peplum

Cette fois, on a affaire à des professionnels de la parodie: les équipes du show américain Saturday Night Live jouent les dieux grecs réunis au sommet de l'Olympe. Un show diffusé en octobre 2013. Zeus: "je vous ai réuni ici parce que, d'une manière incompréhensible, l'économie grec s'est effondrée. Je sais, j'ai été aussi surpris que vous l'êtes. Les Grecs sont notoirement connus pour être des stakhanovistes acharnés, qui veulent travailler, semaine après semaine, trois jours par semaine jusqu'à 45 ans.

"Il faut les aider, envoyons leur un demi-dieu de la finance". Les membres de l'assemblée se regardent les uns les autres. "Attendez, il doit bien y avoir quelqu'un qui a veillé sur l'économie grecque toute ces années", reprend le dieu du tonnerre. Finalement Dionysos, qui débarque tout juste d'une orgie, reconnaît que c'est lui qui était chargé de surveiller les banques. "Je me suis occupé de la partie 'dépenses' comme un chef", indique-t-il, "quelle est l'autre partie du job déjà?". "Les économies", rappelle Zeus. Le tout saupoudré de bonnes vannes salaces sur les préférences orgiaques et incestueuses des divinités grecques.

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco