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"Il faut des formes de représentation nouvelles" dans les PME

Muriel Penicaud était l'invitée de Good Morning Business ce jeudi.

Muriel Penicaud était l'invitée de Good Morning Business ce jeudi. - BFM Business

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, était l'invitée de BFM Business ce jeudi. Elle y a martelé qu'une solution pour favoriser le dialogue social dans les petites entreprises serait trouvée, en dépit de prises de positions syndicales dures sur ce sujet.

Au lendemain du vote par le Parlement du projet de loi autorisant l'exécutif à réformer le droit du travail par ordonnances, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, était invitée sur BFM Business. Sans donner de réponses concrètes sur le contenu de la future réforme, elle a martelé qu'une "voie de passage" existait pour un accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur ce sujet. Même sur l'épineux dossier du dialogue social dans les PME.

"Cette loi vise à donner plus de pouvoir aux acteurs de terrain: l'employeur, l'entrepreneur, les salariés pour discuter de ce qui les concerne", a rappelé Muriel Pénicaud. Alors bien sûr "le lien de subordination existe avec le salarié individuel, il ne faut pas le nier", d'autant plus fort dans des petites entreprises où les salariés ne sont pas forcément syndiqués. "C'est pourquoi il faut des formes de représentation nouvelles" pour ces entreprises qui emploient plus de la moitié des actifs français, a-t-elle souligné.

"Il faut trouver une solution pragmatique"

"Il faut trouver des modes de représentation du personnel et de consultation des salariés qui visent à terme le fait syndical. On a besoin de syndicats pour équilibrer le système économique et social. Mais il faut trouver des formes plus adaptées, plus souples pour les petites entreprises, pour permettre aux entrepreneurs et aux salariés de créer des règles", a estimé la ministre, tout en admettant que le gouvernement n'avait "pas encore déterminé la forme" de cette nouvelle manière de représenter le personnel des petites entreprises.

"Il faut renforcer la présence du syndicat. Mais là où il n'y en a pas, il faut trouver une solution pragmatique", a considéré la ministre du Travail. Et quand bien même la CFDT, parmi d'autres, a fixé comme ligne rouge un dialogue social qui n'inclurait pas les syndicats, "je pense qu'il y a une voie de passage", a-t-elle soutenu. "Tout le monde aujourd'hui dit avec force là où il est, heureusement que tout le monde n'est pas d'accord, les syndicats jouent leur rôle. Et nous on jouera notre rôle d'arbitrage."

CDI classique ou CDI de chantier: les banques ne sauront pas

Muriel Pénicaud s'est par ailleurs montrée légèrement plus précise à propos de l'élargissement du contrat de chantier, déjà évoqué par le gouvernement début juillet. Tout en affirmant que "le contrat à durée indéterminée en France, c'est 85% des emplois, et ça doit rester le modèle", l'exécutif veut lui adjoindre un "CDI de chantier" élargi à d'autres secteurs que le bâtiment, par exemple dans la construction navale ou l'informatique.

Ces contrats seraient octroyés et gérés par les fédérations professionnelles, et plus les entreprises, et permettrait aux salariés de travailler pour différents employeurs. Parce que "le drame du CDD et de l'intérim, c'est l'autonomie des personnes", qui ne peuvent par exemple pas obtenir de prêt immobilier ou autre par manque de visibilité. Encore faudra-t-il que les banques considèrent ce "CDI de chantier" comme un vrai CDI. "C'est le cas", promet la ministre: "elles ne sauront pas que c'est un CDI de chantier, c'est invisible pour elles, c'est écrit CDI".

N.G.