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Hommage aux victimes de la tempête en France, où le débat monte

Dans un quartier résidentiel de Châtelaillon. Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe naturelle s'acentue. /Photo prise le 2 mars 2010/REUTERS/Régis Duvig

Dans un quartier résidentiel de Châtelaillon. Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe naturelle s'acentue. /Photo prise le 2 mars 2010/REUTERS/Régis Duvig - -

PARIS - Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe...

PARIS (Reuters) - Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe naturelle s'est accentué jeudi, jour d'hommage aux victimes.

Une cérémonie est prévue à 15h00 à la cathédrale de Luçon, en Vendée, l'un des départements les plus touchés, en présence du Premier ministre François Fillon.

Le commissaire européen à la Politique régionale, Johannes Hahn, s'est rendu jeudi à La Rochelle (Charente-Maritime) pour témoigner de la solidarité et de la compassion de l'Europe. Il devait ensuite se rendre en Vendée.

La France a annoncé lundi son intention de solliciter une aide du Fonds de solidarité de l'Union européenne (FSUE).

Le bilan de la tempête s'élève à 53 morts, sept blessés graves et 72 blessés légers, a déclaré Brice Hortefeux sur Europe 1.

Face à la polémique qui monte sur d'éventuelles entorses à la réglementation immobilière, le ministre de l'Intérieur a insisté sur le recueillement dû aux victimes.

"Et puis il y aura un deuxième temps, le temps des leçons à tirer", a-t-il ajouté.

Il s'est gardé de mettre en cause les maires accusés d'avoir délivré des permis de construire dans des zones inondables.

Les dégâts les plus importants causés par Xynthia l'ont été là où des digues ont lâché sous la pression des vents violents combinés à une forte marée et une puissante dépression.

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), l'une des deux communes les plus touchées, est notamment accusé d'avoir ignoré les mises en garde de la Direction départementale de l'équipement (DDE) qui évoquait en 2008 "un réseau de digues vieillissant".

Prié de dire si des maires pourraient être poursuivis en justice, Brice Hortefeux a répondu : "Ce sont des décisions extrêmement graves, il faut qu'il y ait des analyses précises".

"UN ÉQUILIBRE À TROUVER"

Le ministre a néanmoins ordonné mercredi aux préfets de "ne pas hésiter à déférer les permis de construire délivrés par les autorités locales lorsque ceux-ci peuvent paraître dangereux".

Certains édiles réclament que l'Etat s'investisse davantage dans la protection des habitations du littoral.

"Sur un cas comme ça, il faut recentraliser au moins le processus de décision et de vérification", a dit sur Canal+ le maire socialiste de La Rochelle, mettant en cause la qualité des digues en France.

"Je demande la création d'un établissement public. Il faudrait au moins la responsabilité générale sur la qualité des digues, leur entretien", a déclaré Maxime Bono.

Le gouvernement s'est engagé mercredi à présenter un plan de renforcement des digues dans les deux mois.

Pour Maxime Bono, la tempête a prouvé que les normes imposées par l'Etat pour délivrer des permis de construire n'étaient plus viables.

"Depuis bien longtemps, la cote de 3,80 mètres (au-dessus du niveau général des flots) était considérée comme une cote où on était en toute sécurité. Cette cote n'est plus d'actualité. Mais que faut-il faire pour tout ce qu'on a construit ?", a-t-il demandé.

En avril 2009, Nicolas Sarkozy, présentant le projet du Grand Paris, avait souhaité que l'on rende "constructibles les zones inondables mais par des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques".

"Il faut sortir du respect passif d'une règlementation de plus en plus pesante", avait dit le chef de l'Etat.

Les ministres Valérie Pécresse et Brice Hortefeux ont défendu jeudi ces propos.

"Il a totalement raison", a dit la ministre de l'Enseignement supérieur sur RMC et BFM TV, évoquant "des terrains délaissés autour des gares" ou des "résidences flottantes".

Pour le ministre de l'Intérieur, il y a "un équilibre à trouver".

"Dans certains cas, l'administration peut être tatillonne et en même temps, elle a vocation à protéger", a-t-il souligné.

Clément Guillou, édité par Sophie Louet