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Hollande et son pacte de responsabilité

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Le président de la République a explicité hier ce qu’il entendait par "pacte de responsabilité". En pratique, il s’agit, comme prévu, de supprimer les quelque 30 milliards de cotisations sociales servant à financer la politique familiale.

Il s’agit de fait de baisser les charges sociales des entreprises de 30 milliards d'euros, baisse financée par des économies de dépenses. Le président a quand même laissé planer l’ambiguïté sur le sort fait au CICE, qui est le dispositif actuel d’allégement. Il faut dire que le CICE, c’était le "pacte de compétitivité"; or, nous sommes passés au "pacte de responsabilité". Simultanément, 50 milliards d'euros d’économie seront réalisées.

Là, en revanche, on ne sait guère ce qui sera concerné. Il y a des pistes notamment sur les pouvoirs des régions. Mais en fait, on va créer un conseil stratégique de la dépense, qui se réunira à l’Elysée et qui va faire des propositions… !!

En fait, il n’y a guère de chose nouvelle sur ce volet. Le principe des économies avait déjà été mis en avant lors de la conférence de presse de novembre 2012.

Pas de tournant alors ?

François Hollande qui se veut précis au moins dans les mots utilisés, y compris quand il cherche à esquiver les questions qui le dérangent, a dit qu’il y avait non pas un tournant mais une accélération…Il a insisté sur le fait qu’il n’était pas libéral dans la mesure où il entend faire reposer sa démarche sur des rencontres, des négociations, une affirmation de la volonté politique. De fait, il a annoncé des créations d’organismes multiples au nom divers (observatoire des contreparties, conseil stratégique de la dépense…). Et il a exprimé le regret qu’au niveau européen sa proposition de "pacte de croissance" n’ait pas eu d’échos très significatif.

Mais il a dit qu’il était social-démocrate, ce qui n’est pas une vraie surprise car, il l’a rappelé, au cours des 18 premiers mois de son mandat, il n’a pas vraiment multiplié les cadeaux ni procédé à une étatisation massive de l’économie malgré les propos va-t'en guerre de son ministre du redressement productif.

Un coup pour rien ?

N’allons pas jusque-là mais disons qu’il n’y a là rien de bien original. Ce qui est peut-être le plus original, c’est sa proposition de mettre à l’ordre du jour des relations franco-allemandes les problèmes de défense. Pendant longtemps, les dirigeants français ont considéré que le statut de la France exigeait un budget militaire élevé. Mais depuis la fin de la Guerre froide, les restrictions s’enchaînent et la France se dit qu’elle n’a plus les moyens budgétaires de ses ambitions diplomatiques. D’où l’idée de trouver une façon d’associer les Allemands. C’est une évolution essentielle de notre rapport à l’Europe.

La rédaction