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Hollande: des nouvelles baisses d'impôts pour 8 millions de foyers

Le président de la République a confirmé lors de sa conférence de presse une baisse d'impôts de 2 milliards d'euros qui touchera 8 millions de foyers fiscaux. Il a également écarté un élargissement de la redevance télévisuelle aux box internet.

François Hollande en dit un peu plus sur sa promesse. Le 20 août, il annonçait une baisse d'impôts pour 2016, alors que son quinquennat était marqué au fer rouge "du ras-le-bol fiscal". Ce 7 septembre, il a donné plus de détails.

Ces baisses d'impôts seront de 2 milliards d'euros et concerneront plus de 8 millions de foyers. "La politique de baisse des impôts qui a été initiée en 2014, amplifiée cette année, sera poursuivie en 2016", a déclaré le chef de l'Etat.

François Hollande a ainsi confirmé que les baisses passeraient par l'impôt sur le revenu, comme c'était déjà le cas lors des deux précédentes mesures: en 2014 pour environ un milliard d'euros et en 2015 pour 3,2 milliards.

En 2010 (impôts payés en 2011), 45,9% des foyers (soit 16,8 millions de foyers) payaient l'impôt sur le revenu, considéré comme le plus juste car progressif, c'est-à-dire payé par tranches. De 2011 à 2013, ce chiffre a augmenté pour atteindre 52,3% des foyers, avant de retomber à 47,5% en 2014 (impôts payés en 2015), lorsque la première tranche d'imposition a été supprimée.

Le président de la République a assuré que ces nouvelles baisses d'impôt seront "financées par des économies. Pas question d'augmenter les taxes, pas question d'augmenter le déficit".

Interrogé sur sa décision de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires, il a également défendu ce choix et son bilan, relevant que "la plupart des Français qui vont avoir ou qui ont déjà eu des baisses d'impôts, ce sont ceux qui faisaient des heures supplémentaires". "C'est ainsi qu'il leur sera restitué, parce que c'est mieux de faire une baisse d'impôts sur le revenu qu'un système qui crée des distorsions entre les heures supplémentaires et les heures normales", a-t-il poursuivi.

La réforme fiscale "se poursuivra" au-delà du prélèvement à la source

Pour poursuivre sur le chapitre de la fiscalité, François Hollande a promis qu'il irait plus loin sur la réforme fiscale, allant-au delà de la question du prélèvement à la source, mesure promise pour 2018. 

"La réforme fiscale, c'est un processus. Cela ne se fait pas en un soir ou même en cinq ans. C'est engagé et ça se poursuivra", a-t-il assuré. "Le prélèvement à la source permettra d'avoir des évolutions de notre système fiscal par une intégration entre la CSG et l'impôt sur le revenu, puisque ce sera la même base avec des modes de prélèvement", a-t-il précisé.

Pas favorable à un élargissement de la redevance aux box

Par ailleurs, il s'est dit "pas favorable" à la hausse de la redevance télé ou à son élargissement aux objets connectés. "Il faut des financements mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d'ajustement", a dit le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse. "Il faut maîtriser l'appel à la contribution".

Et enfin, le président de la République a déclaré que le pacte de responsabilité, qui prévoit 41 milliards de baisses de charges et d'impôts pour les entreprises, sera poursuivi en 2016.

Un peu plus de 1% de croissance en 2015

Tournant la page de la fiscalité, la président a ensuite abordé la conjoncture économique. Il a a ainsi affirmé que la croissance atteindrait "sûrement un peu plus de 1%" en 2015 et "1,5% en 2016", mais a reconnu que cela ne serait "pas suffisant pour faire baisser le chômage" dès cette année.

"La croissance, elle reprend, pas suffisamment, mais nous aurons sûrement un peu plus de 1% de croissance cette année", a déclaré le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse à l'Elysée. "Ce n'est pas encore suffisant pour faire baisser le chômage cette année", a-t-il admis.

D. L.