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Heurts à Athènes à l'occasion de la grève générale

Des heurts ont éclaté entre policiers et jeunes manifestants radicaux à Athènes à l'occasion de la seconde journée de grève générale en deux semaines contre le plan d'austérité du gouvernement grec. /Photo prise le 11 mars 2010/REUTERS/Yiorgos Karahalis

Des heurts ont éclaté entre policiers et jeunes manifestants radicaux à Athènes à l'occasion de la seconde journée de grève générale en deux semaines contre le plan d'austérité du gouvernement grec. /Photo prise le 11 mars 2010/REUTERS/Yiorgos Karahalis - -

par Renée Maltezou et Ingrid Melander ATHENES - Des heurts ont éclaté entre policiers et jeunes manifestants radicaux jeudi à Athènes à l'occasion...

par Renée Maltezou et Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - Des heurts ont éclaté entre policiers et jeunes manifestants radicaux jeudi à Athènes à l'occasion de la seconde journée de grève générale en deux semaines contre le plan d'austérité du gouvernement grec.

Une cinquantaine d'anarchistes portant des cagoules noires ont jeté sur les policiers des bouts de bois et des morceaux de marbre provenant des escaliers de la Banque de Grèce. Les policiers ont riposté à coups de grenades lacrymogènes.

Les jeunes contestataires ont également lancé des cocktails molotov, brisé des vitrines et incendié des poubelles, mais les violences de jeudi n'ont pas atteint l'ampleur des émeutes de 2008 qui avaient paralysé la capitale grecque plusieurs jours durant après la mort d'un adolescent tué par la police.

Deux manifestants et 13 policiers ont été légèrement blessés, annoncent les forces de l'ordre qui ont procédé à 16 arrestations.

En dehors de ces incidents, circonscrits, quelque 23.000 personnes ont défilé pacifiquement dans les rues de la capitale pour protester contre la cure d'austérité que le gouvernement grec impose au pays pour le sortir de la crise financière.

Organisée par des syndicats représentant la moitié des cinq millions d'actifs du pays, la grève générale de jeudi a cloué au sol les avions, maintenu à quai les navires et interrompu les transports publics, tandis qu'écoles, hôpitaux et musées sont restés portes closes.

"PAS LA FAUTE DU GOUVERNEMENT"

Les employés de banque, pompiers, fonctionnaires du fisc et certains policiers étaient en grève, de même que les journalistes, dont le mouvement a entraîné la suppression des bulletins d'information à la radio et à la télévision.

Les autorités et les syndicats ont fourni des estimations très divergentes de la mobilisation. Selon le ministère de l'Intérieur, 15% des fonctionnaires étaient en grève, mais, d'après les syndicats, plus de 65% d'entre eux ont cessé le travail.

La participation aux défilés d'Athènes a été un peu plus importante que lors de la précédente journée de grève, le 24 mars, mais elle n'a pas été massive au regard des critères locaux. "Les gens comprennent que nous traversons des difficultés", en a conclu un haut responsable gouvernemental.

Il est peu probable que cette grève entame la volonté du Premier ministre socialiste George Papandréou d'assainir les finances publiques par le biais de mesures sévères de restriction budgétaire.

"Les manifestants ont le droit de manifester, mais cette crise, ce n'est pas la faute du gouvernement", a déclaré à Washington le chef du gouvernement.

Sous la pression des marchés et de l'Union européenne, le gouvernement grec a présenté une nouvelle vague de mesures d'austérité incluant un gel des retraites, des baisses de salaires et une hausse de la TVA pour tenter de résorber son déficit. L'objectif des autorités est de dégager 4,8 milliards d'euros.

Les dirigeants européens, les agences de notation et les marchés financiers ont salué ce dernier volet de mesures mais souhaitent les voir s'appliquer rapidement et sans accrocs.

Alors que le soutien de l'opinion est nécessaire pour la mise en oeuvre du plan, des sondages dénotent une opposition grandissante au gouvernement.

Pascal Liétout, Marc Delteil et Jean-Philippe Lefief pour le service français