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Heures sup' : la suppression de l'exonération dénoncée par des députés PS

« Nous avons fait une erreur en supprimant l'exonération des heures supplémentaires », c’est la phrase assassine prononcée lundi soir par Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale.

« Nous avons fait une erreur en supprimant l'exonération des heures supplémentaires », c’est la phrase assassine prononcée lundi soir par Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale. - -

Si au PS certains avaient applaudi la fin de l’exonération fiscale des heures supplémentaires en septembre dernier, en cette rentrée, la donne semble avoir changé. Le porte-parole des députés PS, T. Mandon, critique cette réforme.

« Nous avons fait une erreur en supprimant l'exonération des heures supplémentaires », c’est la phrase assassine prononcée lundi soir par Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale. Lors d'un débat sur les grands dossiers politiques de la rentrée, le député socialiste de l'Essonne a admis que son parti n'aurait pas dû prendre cette mesure, qui a pénalisé les Français les plus modestes.

28% des salariés profitaient du dispositif

Depuis le 1er septembre 2012, les heures supplémentaires faites par les salariés dans les entreprises de plus de 20 personnes, sont à nouveau soumises à l'impôt. Elles avaient été exonérées sous la présidence de Nicolas Sarkozy dès 2007. 9,5 millions de salariés, soit 28 % des salariés français, profitaient de ce dispositif. Et cette mesure prise sous François Hollande avait beaucoup fait râler.

« Les petits revenus auraient mérité d'être exonérés de cet effort »

Sur RMC, Thierry Mandon, porte-parole du PS à l'Assemblée nationale, espère même avec des moyens suffisants revenir à ce qu’il se faisait avant. « Ceux et celles qui ont une faible rémunération et un petit nombre d’heures supplémentaires, ceux-ci auraient mérité d’être exonérés de l’effort demandé aux autres. Probablement, aurions-nous gagné à réfléchir à un plancher en disant que les 1500 premiers euros auraient pu rester non-imposables comme cela se faisait avant. On a pénalisé indirectement des catégories sociales et peut-être dans ce domaine-là, nous avons une dette envers eux. Je ne suis pas certain qu’on dispose des moyens financiers pour revenir en arrière mais si on a les moyens de le faire, peut-être faudrait-il se poser la question ».

« Remettre la machine comme elle était auparavant »

Jean-François Roubaud, président de la CGPME (syndicat des petites et moyennes entreprises), attend quant à lui que la gauche revienne sur cette décision. Selon lui, un premier pas a été fait avec la reconnaissance de l’erreur. Il faut maintenant aller plus loin dit-il. « C’est bien de reconnaître ses erreurs, maintenant ce qui serait bien aussi, c’est de remettre la machine en route, comme elle était auparavant : redéfiscaliser les heures supplémentaires et qu’on les mette sans charges pour les entreprises. C’est un processus gagnant-gagnant pour tout le monde. Et ça a été une erreur incompréhensible. C’est des millions de salariés qui ont été privés de ces revenus supplémentaires. Ce sont plusieurs centaines d’euros par mois qui leur ont été retirés par ce problème de fiscalisation des heures supplémentaires. Reconnaître c’est bien, mais maintenant il faut agir dans l’autre sens. »

Tugdual de Dieuleveult avec C. Gauthier