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Hamon veut développer "une monnaie inter-entreprises"

Benoît Hamon tire son inspiration de la Suisse

Benoît Hamon tire son inspiration de la Suisse - Christophe Archambault - AFP

Le candidat socialiste veut s'appuyer sur l'exemple du Wir créé en 1934 en Suisse pour aider les entreprises à faire face à des difficultés de trésorerie.

Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle, souhaite mettre en place une "monnaie alternative inter-entreprises" en s'appuyant sur un exemple en Suisse, parmi sept propositions de soutien à l'entrepreneuriat présentées vendredi.

L'ancien ministre de l'Économie sociale et solidaire veut "développer la solidarité entre les entreprises grâce à une monnaie alternative inter-entreprises", sur le modèle du "Wir", créé en 1934 en Suisse.

Cette monnaie, fondée sur un échange de services, est destinée à "aider les entreprises à faire face à des crises de liquidités, à faciliter l'accès au crédit dans les périodes de baisse de cycle économique", a précisé Benoît Hamon lors d'une conférence de presse à son QG de campagne à Paris.

20% des PME utilise une telle monnaie en Suisse

"Par exemple, un entrepreneur en bâtiment, en panne de chantiers en hiver, à qui il manque de la trésorerie, pourra tout de même effectuer des travaux chez son expert comptable en échange de monnaie inter-entreprises. C'est un échange. Cet entrepreneur pourra recevoir du comptable (...) un service de valeur équivalente", a-t-il précisé en assurant que cela "fonctionne extrêmement bien en Suisse" où "20% des PME" soit "60.000" entreprises utilisent le Wir.

"C'est un complément d'activité (...) ce n'est pas la solution à tout. J'imagine déjà comment certains milieux patronaux réagiront mais pour ceux qui dans l'entrepreneuriat social connaissent ces réalités, nous n'aurons pas de mal à la faire fonctionner", a plaidé le candidat socialiste.

Benoît Hamon souhaite également introduire la dégressivité de l'impôt sur les sociétés en fonction du "réinvestissement de leurs bénéfices dans l'appareil productif" ou en fonction de leur "statut", qu'il s'agisse d'entreprise solidaire d'utilité sociale (Esus) ou de société à objet social étendu (Sose).

"Harmonisation fiscale"

Sur ce chapitre, Benoît Hamon a précisé que dans le cadre du projet de "traité budgétaire européen" qu'il élabore avec l'économiste Thomas Piketty et qu'il compte présenter "dans les jours qui viennent", il militera pour "l'harmonisation fiscale" avec l'instauration d'un "taux d'impôt sur les sociétés plancher".

"Ce sera une petite révolution dans la zone euro, puisque ce sera la fin du dumping fiscal auquel se livrent un certain nombre de pays européens", a souligné M. Hamon.

Parmi ses propositions, il a aussi mis en avant un "droit à l'échec" offrant une "protection chômage de base pour tous les indépendants". "C'est un filet de sécurité pour tous les entrepreneurs indépendants", a plaidé le candidat.

Alors que "chaque année, 30.000 entreprises disparaissent faute de repreneurs", M. Hamon veut mettre en place "un double dispositif sous la responsabilité de BPI" (la banque publique d'investissement, ndlr) comprenant la création d'une "lettre de pré-garantie pour que les repreneurs puissent obtenir une garantie de la BPI" et la création "d'un fonds de transition des entreprises piloté par la BPI".

Enfin, Benoît Hamon souhaite "développer des maisons des entrepreneurs dans les territoires ruraux et périphériques", "renforcer les aides au développement des TPE-PME-PMI" et "faire de la commande publique un outil pour soutenir les PME et les modèles responsables".

J.M. avec AFP