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Grèce-Union européenne: optimisme à tous les étages

Le nouveau gouvernement entend rembourser intégralement de la dette de 300 milliards d'euros.

Le nouveau gouvernement entend rembourser intégralement de la dette de 300 milliards d'euros. - Louis Gouliamaki et Aris Messinis - AFP

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'est dit "optimiste" sur la possibilité de trouver une "solution viable" pour son pays. Le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, estime même qu'il ne faudra que 6 semaines pour élaborer des "propositions alternatives à l'austérité".

La Grèce semble se diriger de plus en plus vers un compromis avec ses créanciers. Ses dirigeants en sont en tout cas persuadés. "Je suis très optimiste quant au fait que nous allons faire de notre mieux pour trouver une solution commune viable pour notre futur", a déclaré, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors d'une brève déclaration au côté du président du Parlement européen, Martin Schulz. Et, selon une source gouvernementale, le Premier ministre grec aurait exprimé le souhait de mener un programme de réformes sur quatre ans (2015-2018) devant Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

Juste avant, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, allait même plus loin dans un entretien au journal italien Il Messaggero, en déclarant qu'il faudrait seulement 6 semaines à la Grèce pour trouver une solution alternative à l'austérité. "C'est le temps que nous demandons aux partenaires européens pour pouvoir finaliser un programme cohérent de propositions alternatives à l'austérité de la troïka".

Confrontée à une dette colossale de plus de 300 milliards d'euros, le nouveau gouvernement issu de la gauche radicale entend rembourser intégralement la Banque centrale européenne, avec une première échéance le 20 juillet, a-t-il ajouté à La Repubblica.

"Résolution de la crise humanitaire"

Pour la dette envers le Fonds monétaire international et les pays, "nous proposons un échange contre de nouveaux titres, aux taux du marché, aujourd'hui très bas, avec une clause selon laquelle nous commencerons à rembourser quand une croissance solide sera repartie en Grèce", a-t-il expliqué.

"Nous avons entamé les négociations également avec le FMI. Je ne vois pas pourquoi il n'accepterait pas un report comme il le fait toujours dans des cas de ce type", a ajouté le ministre, actuellement en tournée dans plusieurs capitales européennes.

Revenant dans Il Messaggero sur le calendrier, Yanis Varoufakis a estimé qu'outre les six semaines de délai, la Grèce demande "la possibilité de faire des réformes socialement compatibles, l'acceptation du fait que les propositions et les solutions doivent, avant tout, viser à une résolution de la crise humanitaire, et la prise de conscience que la crise de la Grèce est plus que jamais une crise européenne".

Le ministre grec, qui était mardi à Rome, a rencontré mercredi le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, et devait s'entretenir jeudi à Berlin avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble. A Rome, il avait expliqué que la Grèce cherchait à retrouver une "stabilité suffisante et à un rythme budgétaire" lui permettant de pouvoir commencer à discuter avec ses partenaires européens en vue d'un "nouvel accord ferme le 1er juin" avec les pays de la zone euro, le FMI et la BCE.

D. L. avec AFP