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Grèce: Sapin optimiste, Athènes beaucoup moins

Lundi se tiendront de nouvelles discussions entre Athènes et ses créanciers. Mais des désaccords entre les principaux, FMI et Union européenne, sont apparus au grand jour et font craindre à Athènes qu'un accord soit impossible.

Lundi se tiendront de nouvelles discussions entre Athènes et ses créanciers. Mais des désaccords entre les principaux, FMI et Union européenne, sont apparus au grand jour et font craindre à Athènes qu'un accord soit impossible. - ARIS MESSINIS - AFP

A une semaine d'une nouvelle séance de négociations entre la Grèce et ses créanciers, Paris entrevoit une possibilité d'accord. Pas Athènes, qui en rejette la responsabilité sur ses interlocuteurs.

Accord ou pas accord? Pour le ministre français des Finances, Michel Sapin, ce mardi, la possibilité d'un compromis entre Athènes et ses créanciers pour le versement d'une nouvelle tranche de prêt à la Grèce existe. Mais pour Athènes, alors que Yanis Varoufakis, l'homologue grec de Michel Sapin, est justement à Paris avant de se rendre à Bruxelles ce 5 mai, les divergences entre les principaux détenteurs de la dette hellénique, FMI et Union européenne, "empêchent un compromis".

Le ministre français des Finances a déclaré que la possibilité de parvenir à un "bon compromis" entre Athènes et ses créanciers existait. "Cette rencontre avec Yanis Varoufakis était importante. Les autorités grecques souhaitent passer des messages ces jours-ci", a dit Michel Sapin dans une allusion à la multiplication des contacts diplomatiques de ces derniers jours. "Nous sommes à un moment déterminant et nous avons la capacité d'aboutir à un bon compromis", a-t-il ajouté "L'Europe et tous ses membres progresseront ensemble, pour à la fin converger. Il n'y a pas d'autre solution que celle d'un accord", a ajouté le ministre français.

A peu près au même moment, Athènes assurait de son côté que "les divergences sérieuses et les contradictions entre ses créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international, entravent les négociations" avec la Grèce. Ainsi, en raison de "cette impossibilité d'entente entre les institutions, il ne peut pas avoir de compromis", a indiqué le gouvernement grec dans un communiqué, soulignant que la situation est "de la responsabilité exclusive" des créanciers.

Désaccord sur un effacement de la dette

Sur quoi portent les désaccords entre UE et FMI? Le Fonds reste inflexible sur les réformes structurelles, tandis que la priorité de la Commission européenne est l'excédent primaire, peut-on lire dans ce texte. L'insistance du Fonds monétaire international à obtenir des autorités grecques une réforme du régime des retraites passe mal à Bruxelles. "Le FMI a la réforme des retraites très haut dans son ordre du jour", commente une source proche des discussions, qui y voit une des principales raisons de l'impasse actuelle, les Européens privilégiant les réformes fiscales.

Les sujets de discorde entre le FMI et l'UE ne s'arrêtent pas là. Le FMI est en outre favorable à l'effacement d'une partie de la dette grecque, qui culmine à plus de 175% du PIB. Mais l'UE, Allemands en tête, est farouchement opposée à une telle mesure. Une source du FMI a ainsi pris la parole un peu plus tard pour indiquer que l'institution ne demandait pas pour l'instant d'allègement de dette pour la Grèce, mais que le plus Athènes s'écartait du programme fixé, le plus cette éventualité devait être considérée. Selon des informations de presse, le FMI a même menacé de ne pas verser sa part d'aide à la Grèce.

Vers un nouveau plan d'aide cet été? 

Pendant ce temps, en Grèce, les caisses sont quasiment vides. C'est dans ce contexte que se tiendra la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, lundi. Il s'agira uniquement de "faire le point" sur l'état des négociations, qui ont connu des avancées ces derniers jours, après avoir été longtemps au point mort. Le temps presse. L'impasse dans laquelle se trouvent les parties en présence depuis trois mois a déjà un coût. La Commission européenne prévoit désormais une croissance économique annuelle de 0,5% pour la Grèce, contre les 2,5% encore espérés au mois de février, assortie d'un retour aux déficits et d'une explosion de la dette.

Le programme d'aide à la Grèce prendra fin quoi qu'il arrive le 30 juin, côté européen, et tout le monde s'accorde à dire que ce pays ne pourra pas tenir sans un soutien supplémentaire. S'agira-t-il d'un troisième plan sous forme de prêts, avec de nouvelles conditions ? "On ne parle pas de programme, mais d'accompagnement", souligne un responsable européen. Dans tous les cas, la Banque centrale européenne pourrait ne pas être à bord, souligne-t-il. Le FMI reste engagé jusqu'en 2016.

N.G. avec agences