BFM Business

Grèce : encore la rigueur, et encore la grève

Des Grecs manifestent devant le Parlement qui doit voter le lendemain un nouveau train de mesures de rigueur

Des Grecs manifestent devant le Parlement qui doit voter le lendemain un nouveau train de mesures de rigueur - -

Pour obtenir une nouvelle tranche d’aide internationale, le Parlement grec doit voter de nouvelles mesures de rigueur mercredi. La population, exsangue, se mobilise ce mardi.

Pour la troisième fois en moins de trois mois, la Grèce tourne au ralenti ce 6 novembre. La grève générale a été déclarée pour 48 heures pour protester contre un nouveau plan de rigueur de 13,5 milliards d'euros, qui doit être adopté par le Parlement grec mardi. La population semble plus que jamais épuisée.

En tout cas, l’appel à la mobilisation a été suivi d’effets dès lundi soir. Rideaux fermés et transports en commun à l'arrêt, qu’il s’agisse du métro, des trains, des taxis, ou des bateaux. Toutes les grandes villes du pays sont touchées.

Dans la capitale, même les hôpitaux sont en sous-effectif, tout comme les tribunaux, les écoles et certaines banques. Aucun journal ne sera distribué ce mardi dans le pays. Par craintes des débordements, les forces de l'ordre ont été déployées dans le centre-ville d'Athènes, tandis que des dizaines de milliers de manifestants se retrouvaient devant le Parlement.

Une aide de 31,2 milliards d'euros en jeu

Le mot d'ordre n'a pas changé: "stop aux mesures douloureuses". Alors qu’un quart des actifs grecs est aujourd'hui au chômage, la population craint que le nouveau paquet de mesures d'austérité, le 4ème depuis deux ans, ruine le peu d'activité qu'il reste dans le pays.

Le gouvernement d'Antonis Samaras a déposé lundi un projet de loi de 1500 pages. Parmi les principales mesures proposées, l'âge légal de départ à la retraite repoussé de 65 à 67 ans, une diminution des pensions de retraite jusqu'à 25%, et de nouvelles mesures de dérégulation du marché du travail, notamment une réduction des indemnités de licenciements.

Le Parlement devrait adopter le texte mercredi. Et dimanche, c'est sur le Budget de l'Etat 2013 que les députés grecs devront voter. Pour le Premier ministre grec, le maintien de la Grèce dans la zone euro en dépend. L'enjeu est vital pour le pays dont la dette publique ne désenfle pas. Elle devrait atteindre l'année prochaine près de 190% du PIB, alors que le pays s’est engagé à la réduire à 120% du PIB d’ici 2020.

L’accord des députés grecs sur le Budget et les nouvelles mesures d’économie est surtout primordial pour obtenir la tranche d'aide supplémentaire de ses bailleurs de fonds (UE, FMI, BCE) de 31,2 milliards d'euros. D’après Herman Van Rompuy ce mardi, la décision du déblocage, qui devait être prise lundi prochain à Bruxelles lors de la réunion des ministres des Finances, devrait être à nouveau reportée.

Isabelle Gollentz