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Ghosn écarté, France et Japon réaffirment leur soutien à l'Alliance Renault-Nissan

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La France et le Japon ont réaffirmé leur soutien à l'Alliance Renault-Nissan, après que le conseil d'administration du géant de l'automobile japonais a décidé de limoger Carlos Ghosn.

Les ministres de l'économie français et japonais Bruno le Maire et Hiroshige Sek ont réaffirmé leur soutien "à l'alliance formée entre Renault et Nissan et leur souhait partagé de maintenir cette coopération gagnante" dans un communiqué conjoint publié après une rencontre à Paris.

Dans la soirée, le patron par intérim de Renault, Thierry Bolloré, a promis dans un message sur Twitter aux salariés son "engagement total" afin de "garantir la stabilité (du groupe) et à garder le cap sur (ses) missions: préserver les intérêts de Renault et la pérennité de l'Alliance".

Une source de l'Elysée à Paris a balayé, quelques heures plus tard, l'idée d'un complot qui viserait à faire éclater l'alliance: "je ne peux pas croire à une déclaration de guerre pour faire sortir Nissan de l'alliance avec une machination derrière". Selon cette source, "il y a une volonté de part et d'autre qu'il faut que (l'alliance) reste quelque chose de long terme".

Le conseil d'administration de Nissan, dans lequel siègent deux représentants de Renault, a jugé à l'unanimité que les soupçons pesant sur Carlos Ghosn, maître d'oeuvre du mariage franco-japonais, suffisaient pour le chasser de son poste de président.

Nissan a justifié son éviction par "des actes graves confirmés", mentionnant "une minimisation de ses revenus durant une longue période dans les rapports financiers, une utilisation frauduleuse à des fins personnelles de fonds d'investissements et de notes de frais", selon un communiqué.

Hiroto Saikawa, patron exécutif du constructeur japonais, avait demandé publiquement cette révocation dès lundi, lors d'une conférence de presse entièrement à charge contre Carlos Ghosn, son ancien mentor.

Il était pressenti pour prendre la présidence par intérim du conseil d'administration, mais aucun remplaçant n'a été nommé. Le poste sera pourvu ultérieurement.

Cette révocation scelle pour Carlos Ghosn, qui à 64 ans est l'un des plus puissants capitaines d'industrie du monde, la fin de près de 20 ans passés à la tête de Nissan, la majeure partie du temps comme PDG puis à la présidence du conseil. Il risque la même sanction chez Mitsubishi Motors qui a rejoint l'alliance en 2016: un conseil d'administration se réunira lundi.

Le Franco-Libano-Brésilien reste officiellement PDG de Renault mais "temporairement empêché" comme le constatait pudiquement le constructeur français dans un communiqué mardi. Les rênes de Renault sont tenues désormais par son numéro deux, Thierry Bolloré.

Officiellement, Carlos Ghosn est pour l'heure accusé d'avoir, avec des complices, "minimisé sa rétribution à cinq reprises dans des rapports remis entre juin 2011 et juin 2015", en déclarant aux services financiers une somme totale de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) au lieu de près de 10 milliards de yens.