BFM Business

François Hollande se confronte au "modèle allemand"

Le modèle économique allemand victime aussi de la crise

Le modèle économique allemand victime aussi de la crise - -

Le chef de l'Etat assistera, vendredi 7 septembre, aux Rencontres franco-allemandes rassemblant décideurs politiques et économiques des deux pays. L'occasion de répondre aux critiques des milieux d'affaires allemands sur le "modèle français".

Moins d'une semaine après les critiques de Hans-Peter Keitel, le patron de la puissante fédération allemande de l'industrie, qui fustigeait le "modèle français", François Hollande a l'occasion, ce soir à Evian, de défendre les choix français. Ou moins de tenter de le faire.

L'un des principaux sujets de controverse concerne le coût du travail, qui serait plus élevé en France qu'outre-Rhin. La direction du Trésor français a publié, cette semaine, une comparaison apportant des éléments de comparaison des deux "modèles".

Selon les chiffres rappelés par le Trésor, le taux des cotisations (patronales et salariales) finançant la protection sociale est de 28,2% pour un smicard en France, et 41,6% en Allemagne. Pour un salarié gagnant 3 000 euros bruts par mois, ce taux passe en revanche à 54,2% en France et reste identique en Allemagne.

Chômage partiel

Concernant le dossier brûlant de l'emploi, le Trésor rappelle que l'Allemagne est l'un des rares pays de l'OCDE où le taux de chômage a très peu augmenté durant la crise de 2008-2009 et a même reflué depuis. Le recours très important au chômage partiel outre-Rhin explique en partie ce résultat.

Autre différence : les dépenses affectées aux politique de l'emploi (hors allégements de charge sur les bas salaires) sont légèrement supérieures en Allemagne en proportion du PIB.

La France, elle, privilégie l'indemnisation des demandeurs d'emploi (plus longue et plus généreuse) alors que les Allemands mettent l'accent sur les "dépenses actives", c'est à dire tournées vers l'accompagnement des chômeurs et la recherche d'emploi. Le Pôle emploi allemand dispose ainsi ainsi de davantage de moyens que son homologue français.

Patrick Coquidé