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François Fillon: "Les efforts, c'est maintenant que les Français les font"

François Fillon a détaillé son programme lors d'une conférence de presse ce lundi.

François Fillon a détaillé son programme lors d'une conférence de presse ce lundi. - BFMTV

Le candidat LR a donné ce lundi une conférence de presse pour détailler notamment son programme économique, qui, a-t-il martelé, ne demande pas particulièrement d'efforts aux Français.

François Fillon a détaillé son projet présidentiel ce lundi en conférence de presse. Le candidat LR martèle que son programme ne demande pas d'efforts particuliers aux Français. Ceux qui l'évoquent comme un programme de rigueur sont même accusés d'entretenir "une illusion". "Les efforts, c'est maintenant que les Français les font. La purge, la détresse sociale, le manque de perspective, c'est maintenant que nous les avons", plaide-t-il.

Ainsi, l'ex-Premier ministre liste ses trois objectifs: "Libérer, protéger, réconcilier". Il s'agit de construire un "nouveau cadre de vie en commun" qui "ramènera la France vers des niveaux de croissance de 2% et plus". S'il est élu Président et peut appliquer son programme, François Fillon assure que dans dix ans, la France atteindra une "densité d'entreprises de taille moyenne à mi-chemin entre l'Angleterre et l'Allemagne, c'est-à-dire le double de leur nombre actuel", afin de créer "3 millions d'emplois".

Allègement massif de charges

Pour y parvenir, le vainqueur de la primaire de la droite et du centre promet "d'alléger massivement les normes et contraintes en s'alignant sur les européennes sans en ajouter de nouvelles", de créer "un statut de prestataire indépendant pour que notre croissance soit plus riche en création d'emplois", et de réformer le code du travail pour "n'y laisser que ce qui concerne les normes sociales", tandis que le reste se négociera au sein des entreprises. François Fillon entend aussi "baisser massivement les impôts et les charges sur les entreprises".

Comme il l'a déjà évoqué, il entend "réformer [la] sphère publique qui doit être un atout et pas un frein". Avec un temps de travail hebdomadaire qui passera à 39 heures et la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires. Ce qui correspond à une baisse de 8% des effectifs sur le quinquennat, un niveau "tout à fait raisonnable", conclut-il. Et François Fillon de promettre une négociation salariale afin d'en finir avec le gel des salaires.

Une attention particulière pour les retraités modestes 

"Mon projet vise aussi à assurer une meilleure protection des Français", poursuit François Fillon. Donc à "leur redonner tout de suite du pouvoir d'achat". Les ménages bénéficieront d'un "choc fiscal immédiat de plus de 10 milliards d'euros", avance-t-il. L'allègement de charges sociales qu'il vient d'ajouter à son programme leur rapportera un gain annuel de "350 euros, 700 euros pour les couples", souligne-t-il. Il prévoit en outre le "relèvement du quotient familial et le rétablissement de l'universalité des allocations".

Le candidat assure par ailleurs qu'il portera une "attention particulière aux retraités les plus modestes". "Je veux revaloriser les petites retraites, et augmenter de 10% les pensions de réversion. Cela ne peut se faire que par la remontée progressive de l'âge de la retraite à 65 ans". Il s'engage aussi à mettre en place un "plan pluriannuel de lutte contre la grande pauvreté", sans en préciser ses contours.

Un nouvel élan pour le couple franco-allemand

François Fillon se dit persuadé par ailleurs que "la relance de l'Europe se fera par un nouvel élan donné à la relation franco-allemande". Et assure d'ailleurs "connaître la préférence d'Angela Merkel pour la présidentielle française", suscitant au passage l'ironie d'un journaliste allemand, qui le félicite de savoir ce que même ses compatriotes ignorent.

"J'assume une certaine forme de patriotisme économique", lance-t-il aussi. "Il ne s'agit pas de protectionnisme mais de défense et de protection de nos intérêts dans le respect de la réciprocité. Toutes les grandes puissances ont cette volonté, nous devons lutter à armes égales", argumente-t-il. Et pour cela, il faut faire montre d'une "volonté politique dont l'Europe a souvent manqué jusqu'à présent", regrette-t-il.

Sur le plan industriel, François Fillon souhaite miser à plein sur le numérique. "À nous d'entrer pleinement dans cette révolution, nous sommes capables de devenir un leader de ce secteur", à condition de "tout faire pour garder nos talents, nos idées et nos technologies au lieu de les laisser fuir à l'étranger", considère-t-il. Et d'évoquer "la voiture autonome, l'énergie verte, l'open data, le big data, la block chain, les objets connectés, l'e-santé": des domaines sur lesquels la France a "des atouts considérables, il n'y a aucune raison de les négliger ou de les brader". "Je veux que nous préparions les Airbus de demain dans les nouvelles technologies", déclare-t-il.

Réforme du statut des parlementaires et des collaborateurs

En termes de calendrier, le candidat dit que "les premiers mois seront cruciaux": "Je ne perdrai pas de temps. (...) je ne laisserai pas les lobbies, les intérêts catégoriels, les corporatismes et les conservatismes freiner ce mouvement qui aura été décidé de manière démocratique", prévient l'ex-Premier ministre qui veut constituer "un gouvernement restreint avec 15 membres, dont les ministres seront choisis sur un critère, celui de la compétence". Et en s'inspirant de techniques du privé, il assure que "les ministres qui ne rempliront pas leurs objectifs ne resteront pas au gouvernement".

Au milieu de ces déclarations, le candidat qui pourrait être mis en examen dans le cadre de "l'affaire Pénélope" envisage une "'modernisation du statut des parlementaires et de celui de leur collaborateur". Une seule phrase, sans préciser davantage ses intentions en la matière, ni son calendrier.

Un calendrier précis

Il est en revanche plus précis sur l'ordre dans lequel il appliquerait les mesures précitées s'il était élu. En premier, il installerait son "vaste plan pour alléger les contraintes et lever les freins à l'embauche et à l'activité" (réforme du code du travail, suppression des 35 heures et du compte pénibilité). Ensuite, il "rétablirait la compétitivité des entreprises par la baisse des charges, la réforme de la fiscalité du capital et la réforme des retraites". Dans un troisième temps, il stimulerait "le pouvoir d'achat des Français, notamment par le forfait de charges salariales, l'augmentation des petites retraites et le relèvement du quotient familial". Enfin, il engagerait un "grand mouvement de baisse des dépenses publiques et de simplification des procédures administratives".

Enfin "avant fin 2017", il mettra en place "trois démarches de fond": de "grands programmes prioritaires en matière de handicap et de grande pauvreté", des "plans d'action en matière de justice et de sécurité", et enfin une "initiative européenne globale pour consolider la zone euro, pour rétablir une réciprocité véritable en matière commerciale". Ainsi "avant la fin de l'année, la France sera entrée dans une nouvelle époque", jure-t-il. Et d'ajouter que "dans tous les domaines, j'irai plus loin que ce que proposent les autres candidats à la présidentielle".

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco