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Retraites: la conférence de financement doit permettre de tout "remettre à plat" pour Laurent Berger

Pour le patron de la CFDT, le rendez-vous de jeudi doit s'ouvrir par une discussion sur l'étude d'impact, dont les chiffres sont jugés "contestables". Il met aussi en garde sur le critère de pénibilité, qui est "la condition sine qua non pour que la réforme soit juste".

La conférence de financement, qui débute jeudi, doit permettre de "mettre à plat" la question de l'équilibre de la réforme des retraites, a plaidé lundi le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, pointant "un paquet d'imprécisions" du gouvernement.

"Sur la conférence de financement, on veut d'abord mettre à plat la question de l'équilibre à court terme et moyen terme du système. On veut savoir quelles sont les intentions des uns et des autres", a déclaré Laurent Berger sur France inter, invitant "chacun à assumer sa part de responsabilité: les entreprises, l'État (...)".

Pour le patron de la CFDT, à l'initiative de cette conférence installée jeudi pour trouver les moyens d'amener le système à l'équilibre en 2027, ce rendez-vous devrait impérativement débuter "par une discussion de l'étude d'impact". Cette note de plus de 1.000 pages, qui accompagne les deux textes de loi, a été rendue publique vendredi et est depuis très critiquée. "On demandait des chiffres depuis des mois et des mois. Là, on en a et ils sont très contestables", a poursuivi Laurent Berger, regrettant le "biais" de cette étude qui se base sur un âge d'équilibre à 65 ans.

Lever les imprécisions

"Ce texte ne parle pas de situations réelles, concrètes, et les gens sont paumés", a-t-il encore dit, martelant que "la conférence de financement doit commencer par une étude très claire, avec des experts indépendants, des projections financières" dévoilées dans cette étude d'impact.

Concernant l'avis du Conseil d'État sur le projet de loi, également rendu public vendredi, Laurent Berger a relevé qu'il était "très sévère" et montrait "les nombreuses imprécisions" de ce projet ainsi que "la précipitation" du gouvernement.

"Il faut se donner du temps pour lever toutes les imprécisions, et il y en a un paquet dans le texte", a-t-il déclaré, demandant au gouvernement de "revenir à un peu de raison". Sur la pénibilité, le secrétaire général de la CFDT a demandé "des avancées concrètes". "C'est la condition sine qua non pour que la réforme soit juste. S'il n'y a pas d'amélioration sur la pénibilité (...) on dira qu'on est en désaccord", a averti Laurent Berger.

C.C. avec AFP