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Pour lutter contre la pollution des avions, des députés veulent interdire 72 vols intérieurs en France

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Des élus comme François Ruffin (LFI) et Delphine Batho entendent limiter le nombre de vols intérieurs et interdire ceux pour lesquels le même trajet est réalisable en train en 5 heures.

L'Assemblée nationale s'attaque ce lundi au vaste projet de loi d'orientation des mobilités (LOM), qui promet notamment des batailles sur l'assouplissement des 80 km/h ou la taxation du transport aérien. Le but? Répondre aux "galères" de transport de nombreux Français, tout en préservant l'environnement. Concernant le transport aérien, l'un des plus polluants, la solution pour certains députés serait de limiter les vols intérieurs.

Les ONG environnementales jugent globalement le projet de loi "insuffisant" dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre des transports. Elles ont appelé les parlementaires au "sursaut" et réclament une "contribution climat" sur les billets d'avion, qui serait "complémentaire" d'une éventuelle suppression de la niche fiscale dont profite le kérosène.

Préférer le train aux vols intérieurs 

En commission, les députés ont accepté de créer une contribution d'environ 30 millions d'euros annuels, prélevée sur les surplus de recettes de la taxe de solidarité sur les billets d'avion dite "taxe Chirac", pour financer les autres modes de transport.

Une autre proposition plus radicale, soutenue notamment par le député LFI François Ruffin et la députée écologiste Delphine Batho, est en débat: interdire tous les vols intérieurs pour lesquels le même trajet est réalisable en train en 5 heures. 72 vols quotidiens seraient ainsi supprimés au profil du rail. Qu'adviendra-t-il des "petits" aéroports? Nul ne le sait. Mais si ce projet de loi est adopté, il pourrait entrer en vigueur en 2021.

Cette démarche politique s'inscrit dans un contexte général de remise en cause de l'avion comme mode de transport. Pourtant, son trafic à l'échelle mondiale n'a cessé de croître en 2018. Et selon l’International Air Transport Association, il pourrait continuer d'augmenter de 6% à 8% chaque année.

Un record d'amendements 

Déjà passée au Sénat en première lecture, la loi mobilités, au menu durant deux semaines, est passée d'une cinquantaine d'articles à plus de cent quarante et a généré le dépôt de près de 3.500 amendements. Un record sous cette législature. Autre sujet phare: l'assouplissement de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires, un des détonateurs de la crise des gilets jaunes. Les présidents de conseils départementaux auront désormais le pouvoir de relever la vitesse maximale sur certains tronçons.

Pauline Dumonteil avec AFP